La « Sainte Petite Icône » de la Mère de Dieu, 1er octobre

publicat in Icônes orthodoxes pe 5 Octobre 2015, 12:54

Sur le bord de la route, en dessous du monastère de Bisericani, il y a une petite église récente, en pierre, dans laquelle se trouvent une petite icône miraculeuse et un morceau de tronc de chêne qui attirent de nombreux pèlerins. L’église est fêtée le 1er octobre, jour de la fête de la Protection de la Mère de Dieu, à laquelle elle est dédiée. Bâtie en 1998, elle fut consacrée le 3 octobre 1999, pour les 500 ans de l’Apparition de la Mère de Dieu à un groupe d’ascètes conduits par leur père spirituel, saint Joseph de Bisericani.

Bisericani est en Roumanie, dans le département de Neamţ, en Moldavie.

Saint Joseph naquit dans le département de Neamţ. Dès son enfance, il fut attiré par la vie monastique ; aussi dès qu’il perdit ses parents, il devint moine dans le monastère de Bistriţa qui avait été construit par Alexandre le Bon.

Ayant étudié les vies des saints moines Antoine le Grand, Sava le Sanctifié et Onuphre le Grand, saint Joseph désira partir pour la Terre Sainte, où il compléta sa formation à la vie monastique. Il visita les lieux saints, la région du Jourdain et le Mont Sinaï et vécut en ermite dans la Vallée du Jourdain. Sa renommée de père spirituel lui attira dix-sept disciples. Ce fut la première communauté roumaine en Terre Sainte.

Lorsque les Arabes envahirent la Terre Sainte, saint Joseph revint en Roumanie avec ses disciples. De retour au monastère de Bistriţa, à cause de l’agitation due aux nombreuses invasions que la Moldavie subissait, saint Joseph, par amour pour le silence, reçut de l’higoumène du monastère la bénédiction de s’installer avec ses disciples à une douzaine de kilomètres au nord-ouest de Piatra-Neamts. Ils se construisirent des maisonnettes, une église en bois dédiée à l’Annonciation de la Mère de Dieu et des grottes souterraines, favorables au silence que recherche l’hésychaste. Ils suivirent le Typikon du Stoudion et reprirent la règle de prière continuelle que saint Marcel avait établie dans son monastère des Acémètes (« qui ne dorment pas ») en Asie Mineure. Les moines avaient formé trois groupes qui se succédaient dans l’église, afin de louer Dieu sans interruption, appliquant le précepte de l’Apôtre « Priez sans cesse ». A cause de la longueur de leurs offices, on les surnomma « très attachés à l’église » (en roumain : « bisericoshi » ou « bisericani »).

L’église fut incendiée par les Turcs, en 1476, lors de la bataille de la Razboieni, puis par les Tatars, en 1498. De nombreuses guerres agitaient le pays. Les moines décidèrent de se réfugier sur la Sainte Montagne de l’Athos. C’est ainsi qu’au mois de juillet 1499, tandis que les ascètes descendaient la Valea Rea (« la Vallée Mauvaise »), proche de leur église, la Mère de Dieu leur apparut dans un chêne. Elle leur dit : « Où allez-vous, pères ? » Saint Joseph répondit : « Nous partons pour le Mont Athos, le Jardin de la Mère de Dieu ». La Mère de Dieu répondit : « Ne partez pas, car ici aussi c’est mon Jardin ». Cette merveilleuse scène fut peinte sur l’iconostase de l’église voïévodale, en 1517.

Saint Joseph déposa dans le chêne où la Vierge était apparue une icône de la Mère de Dieu, que l’on appelle de nos jours « La Sainte Petite Icône ». Cette icône est très belle, par ses couleurs et par la joie qui se dégage de la Mère et de l’Enfant qu’Elle tient sur son bras gauche.

Une petite maison en bois fut construite près de l’arbre. Un moine pouvait y habiter. Tous les vendredis, un office était célébré par les ascètes devant la petite icône placée dans l’arbre, en l’honneur de la Très Sainte Mère de Dieu : l’office était composé d’un acathiste et de prières d’intercession ; il y avait également un service d’onction des malades. Et des miracles ne manquaient pas de survenir. Des pèlerins venaient régulièrement là.

Dès la fin du XIXe siècle, les moines commencèrent à être persécutés dans leur vie monastique. Entre le rappel à Dieu de saint Joseph et cette période, le skit devint un monastère, qui eut jusqu’à huit cents moines. C’était l’un des plus importants monastères du pays. C’est là que fut installée la première Typographie moldave.

En 1873, le roi Carol Ier ordonna que le monastère – qui était fortifié – abrite une prison. Rappelons qu’après 1859, il y eut en Roumanie une période antimonastique. Bien des monastères furent fermés ou transformés en églises paroissiales, prisons ou hospices.

En 1905, la nuit de Pâques, il y eut un miracle par l’intermédiaire de la Sainte Petite Icône. Les murs de la prison s’écroulèrent. Il fallut évacuer les prisonniers et la prison sur le monastère voisin de Pangaratsi. Les moines – de moins en moins nombreux – purent disposer à nouveau de leur monastère, mais les autorités décidèrent d’installer là un sanatorium.

L’icône est renommée pour son pouvoir sur les esprits malins. Les personnes atteintes de maladies pulmonaires guérissent par son intermédiaire. Tout ceci fut mis en évidence, par la présence d’abord des prisonniers qui occupèrent en 1873 le monastère, puis des tuberculeux qui vécurent dans le sanatorium installé dans l’ancien monastère à partir de 1911.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le monastère fut bombardé à plusieurs reprises ; mais l’icône et le tronc d’arbre restèrent intacts.

Après l’installation du communisme, l’icône fut confisquée sept fois par les autorités communistes et emportée à Bacau, Piatra Neamţ ou Hushi. Sept fois l’icône revint miraculeusement à sa place. Un vieil homme du village de Viishoara raconte le fait suivant : un secrétaire du parti, juif d’origine, qui habitait Piatra Neamţ, indigné que l’icône attire autant de pèlerins, prit un jour l’icône et la mit en sécurité dans un tiroir fermé à clef. Le lendemain, tôt dans la matinée, les ouvriers virent l’icône à sa place, dans le creux du chêne. Quelques heures après, le secrétaire passa au monastère. Consterné, il resta muet. Il reçut, par la suite, le baptême et partit pour la Terre Sainte.

Une fois, ce fut un malade qui prit la petite icône afin de l’emporter à Bucarest pour sa femme. Quand il ouvrit sa valise à Bucarest l’icône n’y était déjà plus, elle avait regagné sa place.

En 1965, il y eut un tremblement de terre important, un moine âgé retrouva l’icône coincée dans l’arbre.

En 1968, un médecin communiste (Constantinescu) décida de faire couper l’arbre. En effet, les pèlerins qui venaient prier la Mère de Dieu devant la Sainte Petite Icône miraculeuse, posée dans l’arbre, étaient de plus en plus nombreux, en ces temps difficiles. Le médecin essaya de trouver un forestier pour couper l’arbre. Tous refusaient, craignant Dieu. Finalement, le médecin s’adressa à un forestier qui avait la fâcheuse habitude de boire et lui donna l’ordre de couper l’arbre tandis qu’il était sous l’emprise de la boisson. Le forestier coupa l’arbre. Quelques jours plus tard, il trouva la mort dans la forêt. Un arbre lui tomba dessus. Quant au médecin, sentant, peu après cet événement, les atteintes d’une maladie incurable, il choisit de se suicider.

L’Église, avec la bénédiction de Monseigneur Daniel, métropolite de Moldavie, décida de rouvrir le monastère de Bisericani qui était occupé par un sanatorium.

En 1998, l’Église prit le décret d’abandonner le lieu d’origine du monastère, autour de l’église voïévodale – laissant ce lieu à l’hôpital pour les maladies pulmonaires et de le transférer près de l’emplacement où il y avait eu l’arbre. Dans l’attente de la construction des nouveaux bâtiments actuels, il fut décidé de construire une petite église consacrée à la Protection de la Mère de Dieu, à l’endroit où la Mère de Dieu était apparue aux saints ascètes, dans le chêne. C’est dans cette église en pierre, que l’on plaça un morceau du tronc de l’arbre et la sainte petite icône de la Mère de Dieu.

L’église fut consacrée en 1999, le 3 octobre, par Monseigneur Daniel, métropolite de Moldavie et de Bucovine, pour les 500 ans de l’apparition de la Mère de Dieu dans le chêne.

Les reliques de saint Joseph furent inventées en 1960.

Les saints moines Joseph et Cyriaque (un des disciples de saint Joseph) de Bisericani furent canonisés le 3 octobre 2008, pour les 509 ans de l’apparition de la Mère de Dieu. Ils sont fêtés le 1er octobre.

Le 1er octobre, il y a une grande et belle fête. On fête les deux saints, Joseph et Cyriaque de Bisericani, mais aussi la Protection de la Mère de Dieu et la Sainte Petite Icône. Une procession se déroule avec les reliques des saints, et la petite icône. Elle passe avec solennité par tous les lieux décrits ci-dessus.