publicat in Page des enfants pe 18 Septembre 2015, 08:50
La vie du saint moine syméon stylite dont la mémoire est fêtée le 1er septembre
Le saint moine Syméon est né en Asie Mineure au IVe siècle après J.C. Ses parents chrétiens étaient pauvres et simples et, dans son enfance, il menait paître le troupeau.
Durant l’hiver, se trouvant une fois à l’église, l’enfant écoutait attentivement les cantiques et les prières. Des paroles de l’Évangile le frappèrent plus particulièrement : « Heureux les pauvres en esprit… heureux les doux … heureux ceux qui ont faim et soif de la justice…» Syméon, âgé de treize ans, se tourna alors vers un petit vieux qui se tenait auprès de lui et lui demanda : « Que signifient ces paroles ? » Le petit vieux, qui était un homme pieux, lui parla de Dieu, de l’Amour qu’on peut avoir pour Lui, de ses commandements. Les paroles de l’Ancien tombèrent sur une bonne terre et le garçonnet ressentit dans son cœur le désir sincère de servir Dieu. Il se prosterna respectueusement devant le vieux monsieur et lui dit : « Je te remercie pour la leçon que tu m’as donnée : tu m’as appris ce qui est bon et tu m’as montré le chemin du salut. »
Des sentiments et des pensées qui lui étaient jusqu’alors inconnus, troublèrent Syméon. Au lieu de rentrer chez lui, il partit réfléchir dans un lieu désert. Il demanda à Dieu de l’instruire. Il pria longuement et, fatigué, il s’endormit.
Il se vit en rêve en train de retourner la terre pour construire quelque chose et il entendit une voix : « Bêche en profondeur. » Il se mit aussitôt à l’ouvrage. Lorsqu’il voulut s’arrêter pour se reposer, il entendit de nouveau la parole suivante : « Retourne la terre encore plus profondément. » Cette scène se répéta trois fois. Alors la voix finit par lui dire : « Si tu veux construire quoi que ce soit, applique-toi au travail : sans travail on ne peut pas réussir. »
Ces paroles servirent de règle à Syméon durant toute sa vie.
A dix-huit ans il entra au monastère. Il lui semblait qu’il devait souffrir un peu pour le Christ qui avait souffert pour notre salut. Le supérieur du monastère dut souvent intervenir pour éviter que par zèle il n’épuise ses forces.
Un jour, il s’éloigna sur la montagne afin de pouvoir être seul et prier sans arrêt. Pour ne pas retourner au monastère, et que ce désir ne lui vienne pas à l’esprit, il s’enchaîna à une énorme pierre. Il priait sans cesse, s’efforçant d’oublier tout ce qui est de la terre et fixant toutes ses pensées sur Dieu. Le saint évêque Mélèce entendit parler de tout cela. Il vint sur la montagne et, en voyant Syméon enchaîné, il lui dit : « pourquoi t’attacher avec des chaînes ? Un homme doit savoir se dominer. La volonté de l’homme éclairée par sa raison doit se montrer plus forte que toutes les chaînes. » Syméon enleva donc ses chaînes et s’efforça de bloquer sa volonté en la soumettant en tout à la Volonté de Dieu.
Par la suite, Syméon, dans un saint zèle pour le travail, construisit une grande colonne au sommet de laquelle il posa une cellule très étroite. Il priait constamment dedans se tenant debout tout le temps, à tel point que ses jambes se couvrirent de blessures. Dieu préfère que l’on supporte avec patience et foi les épreuves qui nous sont envoyées, mais Il bénit néanmoins l’œuvre de Syméon parce qu’elle était accomplie par Amour pour Lui et non par orgueil. Ce fait fut vérifié par de saints hommes de la façon suivante : inquiets de la façon dont vivait saint Syméon, ils lui envoyèrent un messager chargé de lui demander de descendre de sa colonne. Aussitôt, saint Syméon obéit et commença à descendre. Alors les saints pères transmirent le message suivant à l’ascète Syméon : « Ne descends pas, saint père, ton obéissance montre que tu écoutes Dieu. Reste sur ta colonne et que Dieu t’aide. » Si saint Syméon n’avait pas obéi, ils l’auraient obligé à descendre de sa colonne, pour ne pas qu’il soit en danger ; l’orgueil et la désobéissance vont en effet ensemble.
Dans sa vie consacrée à Dieu, saint Syméon n’oubliait pas le commandement divin d’amour pour le prochain. Vers sa colonne affluait beaucoup de gens qui venaient de partout. Il les aidait tous par des enseignements, il les conseillait, il les consolait, et il les guérissait par l’intermédiaire de ses prières… Saint Syméon refusait tout compliment, il demandait aux pèlerins de rendre grâce à Dieu.
Il était en lien par la prière avec une grande sainte qui se trouvait à la même époque à Paris, à des milliers de kilomètres de lui : sainte Geneviève (la sainte patronne de Paris). Il prenait de ses nouvelles par les marchands de passage et lui envoyait ses salutations.
Le saint moine Syméon passa plusieurs dizaines d’années sur sa colonne et mourut âgé de plus de cent ans, en 460 après JC. Le patriarche d’Antioche vint chercher le corps du saint afin de le placer dans une église à Antioche.
Au moment où le corps pénétrait dans l’église, un homme sourd-muet depuis l’âge de quatorze ans, guérit soudain. Par la suite on construisit à Antioche une église dédiée à saint Syméon. Sur la montagne où se trouvait la grande colonne où saint Syméon avait vécu, on construisit un saint monastère. Dans ce lieu béni par Dieu, il y avait beaucoup de miracles et de guérisons miraculeuses.
Ses précieuses reliques continuèrent d’accomplir des miracles pour ceux qui s’en approchaient avec foi.
Ce même jour, le 1er septembre, on fête aussi la mémoire de sainte Marthe, la mère de Syméon le Stylite, qui était venue le rejoindre sur les lieux de son ascèse.
Ce texte est composé à partir de la traduction du russe de la vie de saint Syméon écrite par A.N. Bakhmétéva à la fin du XIXe siècle et réédité en 2014. Traduit du russe par la moniale Sofia.