publicat in Catéchétique pe 10 Septembre 2015, 07:58
PRÉSENTATION : Quelques remarques préliminaires
1. Il existe deux textes des Béatitudes, l’un en saint Matthieu au début du chapitre 5, l’autre en saint Luc au milieu du chapitre 6. Le premier comprend 9 Béatitudes, l’autre 4 Béatitudes et 4 « mises en garde ». Certains commentateurs, surtout récents, parlent de 4 « Malédictions ». Dieu est Amour et l’Amour ne peut pas maudire. Il ne maudit pas, il nous prévient : bienheureux êtes-vous … si vous êtes dans telle situation ou telle disposition d’esprit ou de cœur, malheureux êtes-vous… dans le cas contraire. Il s’agit bien plutôt de « lamentations » sur le sort que certains se choisissent, sur les choix que nous faisons. Le Christ se lamentera de même sur Jérusalem, par exemple.
2. On peut à juste titre s’étonner de la disparité des textes cités par saint Matthieu et saint Luc, et de leur absence chez saint Marc. Ceci peut donner à croire que les Évangiles se contredisent, ou que l’un des Évangiles serait plus « authentique » que les autres. Ceci est une erreur profonde que je vais tenter d’expliquer en donnant deux éclairages : celui de l’exégète et celui du croyant.
Le premier concerne la façon dont les Évangiles ont été écrits. Les sources primitives des Évangiles sont encore discutées, malgré un travail considérable de la part des exégètes. Ce qui est certain est que les Évangiles ont été écrits à l’époque où les premiers témoins directs du Christ, la première génération de disciples et les Apôtres eux-mêmes, commençaient à disparaître. Nous avons affaire par ailleurs à un peuple de tradition orale, habitué à mémoriser de longs textes, dont les organes des sens et le système nerveux n’étaient pas agressés par une multitude d’informations comme le sont les nôtres à l’heure actuelle. Avant la mise par écrit des Évangiles, il s’est constitué peu à peu un certain nombre de petits récits progressivement élaborés et ordonnés d’une certaine façon qui ont formé plusieurs traditions orales, qui étaient la base des catéchèses des premières communautés chrétiennes, une espèce de fonds commun dans lequel les Apôtres ou les disciples allaient puiser selon les besoins particuliers de celles-ci. Il a existé ensuite certainement des sources écrites parcellaires avant la mise en forme des Évangiles tels que nous les connaissons. Il est évident que l’enseignement du Christ qui s’est étalé sur trois années n’a été rapporté de façon chronologique par aucun des évangélistes : chacun d’eux a déjà intégré son enseignement, de façon non pas subjective, mais singulière. Il est licite de penser que le Christ Lui-même, au cours de ses trois années d’enseignement, a pu aborder plusieurs fois le même thème, revenant sur tel ou tel sujet ou l’abordant de diverses manières en fonction de son auditoire. N’oublions pas qu’Il se mettait à la portée de celui-ci tout en le préparant progressivement à comprendre Sa parole, tout au moins en ce qui concerne Ses disciples.
Chaque évangéliste va donc retransmettre l’enseignement reçu selon d’une part sa sensibilité propre [j’entends par « sensibilité » non pas quelque chose qui se situe dans le domaine du psychoaffectif, du sentimental, mais quelque chose qui correspond vraiment à l’« être » de chacun], mais aussi de la société dont il est issu, et/ou avec laquelle il est en contact. Chacun choisit ainsi d’insister sur tel ou tel point, d’entrer avec plus ou moins de force ou de profondeur sur tel ou tel sujet, de privilégier tel éclairage. Cette disparité nous donne ainsi une retransmission infiniment plus ouverte de l’enseignement réel du Christ et de la Bonne Nouvelle qu’Il est en Lui-même de par son incarnation, sa mort et sa résurrection, que ne le ferait un récit plat, linéaire, chronologiquement exact. Surtout, cette disparité exprime la force de la Parole qui s’est déjà « impactée » dans les premiers témoins. Si saint Matthieu et saint Luc ont aussi des méthodes très différentes lorsqu’ils rendent compte des paroles de Jésus, c’est parce qu’ils ont déjà un but. Matthieu regroupe des paroles probablement prononcées en des circonstances variées pour en faire un tout cohérent -il existe ainsi dans l’Évangile de saint Matthieu cinq grands discours qui ont une visée « théologique », on l’a appelé pour cette raison « le théologien »]. Saint Luc, selon la tradition, est l’évangéliste qui a le plus recueilli les souvenirs des proches de Jésus, y compris de Marie, mère du Christ, et semble situer en général ses paroles dans les circonstances où elles ont été prononcées. Il est celui qui est le plus « historien » au sens où nous l’entendons aujourd’hui.
Nous pouvons raisonnablement nous demander, en dehors de tout ce qui a déjà été dit, comment tant de choses ont pu être mémorisées par les disciples. Mais en tant que croyants, si nous écoutons ou lisons les Évangiles à la lumière de la foi, nous savons par expérience que la parole de Dieu parle à notre cœur. Nous savons aussi que les apôtres n’avaient pas encore réellement compris l’enseignement du Christ même après sa résurrection. La compréhension ne leur en est vraiment venue que le jour de la Pentecôte, quand s’est manifesté pleinement le Paraclet promis par le Christ. Dans chaque Évangile nous trouvons une parole du Christ qui annonce le Paraclet, souvent en même temps que les persécutions, où Il dit à ses disciples de ne pas s’inquiéter de ce qu’ils auront à dire, car cela leur sera donné. Nous trouvons cela dans les trois synoptiques : « Vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi : ils auront là un témoignage, eux et les païens. Lorsqu’ils vous livreront, ne vous inquiétez pas de savoir comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné en cette heure-là, car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Mt 10, 18-20) ; « Quand on vous conduira pour vous livrer, ne soyez pas inquiets à l’avance de ce que vous direz ; mais ce qui vous sera donné à cette heure-là, dites-le ; car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit-Saint » (Mc 13, 11-13) ; « Mettez-vous en tête que vous n’avez pas à préparer votre défense. Car moi, je vous donnerai un langage et une sagesse que ne pourra contrarier ni contredire aucun de ceux qui seront contre vous » (Lc 21, 12-15). L’Évangile de saint Jean est un peu différent. Il nous rapporte une parole du Christ qui est infiniment plus large que le contexte des persécutions : « Le Paraclet, l’Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jn 14, 27).
Les Évangiles sont donc des textes inspirés, non pas contradictoires, mais complémentaires au contraire. Et nous avons de la chance, nous autres orthodoxes, car il nous est plus facile de comprendre cela qu’aux autres confessions chrétiennes, de par la tradition dans l’Orthodoxie des pères spirituels pneumatophores, (dont saint Séraphin de Sarov par exemple est un illustre représentant,) ces pères spirituels qui ne parlent que sous l’inspiration de l’Esprit-Saint. Car la parole de Dieu ou du père spirituel inspiré par l’Esprit-Saint est une parole de feu qui s’imprime dans le cœur de l’homme…
3. Chez saint Matthieu et chez saint Luc, l’annonce des Béatitudes se situe au début de l’enseignement du Christ, ce qui donne au texte une importance particulière, et cela n’est pas un hasard si le texte est lu dans la liturgie juste avant la petite entrée, celle du prêtre portant l’Évangile, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle [sens du mot grec ‘ἐυαγγέλιον’]. Chez les deux évangélistes, Jésus a déjà appelé quelques disciples, il est déjà suivi par une foule qui a adhéré au message de cette Bonne Nouvelle qu’Il a commencée à annoncer après son baptême. Les cœurs ont commencé à s’éveiller, à s’ouvrir. Quelque chose dans le monde est en train de changer autour de Jésus : là où il passe, proclamant que « le Règne de Dieu est proche », les infirmes se lèvent, les pécheurs découvrent le pardon de Dieu. En Lui et autour de Lui, le Royaume de Dieu devient une réalité concrète, présente. Certains ont déjà tout quitté pour Le suivre. Et c’est d’abord à eux qu’est adressé cet enseignement. Il s’agit d’une expérience à vivre. La présence des disciples atteste que cette expérience peut être tentée, pour qui accepte de suivre Jésus. Et les disciples, ce sont tous ceux qui ont entendu l’appel du Christ, et y ont répondu, jadis, maintenant et qui y répondront dans le futur, dans les siècles des siècles.
4. En mettant en parallèle 4 béatitudes et 4 lamentations, saint Luc met l’accent sur les différences entre l’esprit du Christ et l’esprit du monde : il montre en fait que les deux sont diamétralement opposés. Il semble situer ses Béatitudes dans un cadre essentiellement matériel, temporel, concret, précis. Mais saint Matthieu approfondit et donne à ce cadre temporel une dimension spirituelle de façon explicite. Cette sensation est également supportée par le fait que chez Luc, l’enseignement des Béatitudes se passe dans la plaine (après que le Christ soit monté sur la montagne pour prier), ce qui donne l’impression d’une diffusion sur un plan horizontal. Chez saint Matthieu, l’enseignement se passe au sommet de la montagne, la dimension verticale de la relation entre Dieu et l’homme est on ne peut plus marquée. En fait, en comparant les deux versions, nous remarquons que le matériel et le temporel ne sont pas séparés du spirituel, ce qui est caractéristique de la pensée du Christ et de la Bible en général. Le spirituel est intégré dans le temporel et le matériel, mais si tous les plans sont présents chez saint Luc, la dimension spirituelle est mise en exergue chez saint Matthieu. C’est donc lui que nous allons particulièrement étudier.
5. J’ai choisi l’ordre suivi par saint Grégoire de Nysse, l’un des premiers commentateurs des Béatitudes, qui est aussi celui de la Bible (TOB.) et de la Bible de Jérusalem, mais qui diffère de l’ordre habituellement suivi dans les liturgies actuelles de saint Jean Chrysostome et de saint Basile et dans la Bible Segond (dans lesquelles on trouve une interversion des 2è et 3è Béatitudes).Sauf mention contraire, la traduction est celle de la TOB, la notation des psaumes celle de la Septante, trad. père Placide (Deseille).
Presque tous les commentateurs (surtout anciens) ont comparé les Béatitudes selon saint Matthieu à une échelle, ou à l’ascension d’une montagne, ou à l’édification d’une pyramide.
Le texte lui-même nous dit que Jésus, à la vue des foules, monta dans la montagne. Précisons que l’Évangile de saint Matthieu est le plus sémite des trois synoptiques, écrit par un lettré juif pour des communautés composées en majorité de juifs devenus chrétiens, imbibés de « la Loi et des Prophètes » [ce que nous appelons l’Ancien Testament]. Or, la montagne est pour un juif un lieu particulier. Pour un juif, la montagne est le lieu de la révélation. C’est l’endroit où l’homme monte pour prier, monte à la recherche de Dieu, c’est l’endroit où Dieu se révèle à l’homme. C’est sur une montagne que Moïse reçut les tables de la Loi. C’est sur la montagne que Jésus Christ est tenté (Mt 4, 8), sur une montagne qu’il enseigne (Mt 5), sur une montagne qu’Il est transfiguré (Mt 17, 1)…
C’est aussi l’un des lieux où Jésus se retire pour fuir les foules et prier. Ici, ce n’est pas le cas. C’est parce que les foules le suivent qu’il gravit la montagne, non pour les fuir, mais pour les enseigner. Bien sûr, on peut dire très prosaïquement qu’il monte sur la montagne pour voir et être vu. Mais c’est un enseignement théologique que saint Matthieu nous délivre. Pour saint Jean Chrysostome, « Il monte sur la montagne d’abord pour accomplir cette prophétie d’Isaïe : ‘Vous, montez sur la montagne’ ; ensuite, pour nous apprendre que celui qui enseigne la justice divine et celui qui en écoute les oracles doivent habiter les sommets des vertus de l’esprit. Personne ne peut parler du haut de la montagne en restant dans la vallée. Si vous restez sur la terre, parlez de la terre. Si vous voulez parler du ciel, demeurez au ciel. »
Saint Grégoire de Nysse dit la même chose en un style plus lyrique : « Qui parmi nous se met à l’écoute de la Parole pour s’élever au-dessus des pensées et des aspirations terrestres à ras-du-sol jusqu’à la montagne spirituelle de la haute contemplation ? » « Lorsque le Seigneur gravit la montagne, écoutons Isaïe s’écrier : "Venez, gravissons la montagne du Seigneur" (Is. 2, 3). Si nous sommes accablés par le péché, fortifions nos mains défaillantes comme nous y exhorte le prophète, et affermissons les genoux vacillants (Is. 35, 3). Quand nous aurons atteint le sommet, nous rencontrerons Celui qui guérit toute maladie et toute infirmité, qui a pris sur Lui nos faiblesses, qui s’est chargé de nos souffrances (Is. 53, 4). Hâtons-nous de nous mettre en route, pour atteindre avec Isaïe le sommet de l’espérance et percevoir à la ronde les richesses que le Verbe dévoile à ceux qui l’ont suivi sur la hauteur. »1
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. (Mt 5, 1). Comme je l’ai dit, la montagne est un lieu particulier, où l’on va pour rencontrer Dieu. Moïse lorsqu’il monta sur le Sinaï était debout ou prosterné, certainement pas assis ! Or Jésus s’assoit, ses disciples s’approchent alors de lui, la rencontre avec Dieu devient un face-à-face avec Jésus, dont on ne sait encore qui il est. En tout cas, Jésus, en s’asseyant et en attendant ses premiers disciples, se pose en enseignant : c’est l’un des sens du mot « rabbi », qui peut être traduit par « Maître » ou « Seigneur », mais a aussi en araméen la connotation d’un enseignant prestigieux. Or nous savons que souvent Jésus étonnera les foules parce que, est-il dit à plusieurs reprises dans les Évangiles, « il parlait comme quelqu’un qui a autorité ».
Et, prenant la parole, il les enseignait. (Mt 5, 2). Ceci est une traduction moderne, mais heureusement les notes de la TOB nous donnent la traduction littérale : « Il ouvrit la bouche pour parler ». Là encore, cette tournure de phrase utilisée par saint Matthieu au sujet de Jésus est très signifiante pour un juif, car elle fait référence encore une fois à une prophétie d’Isaïe : « Car voici ce que dit le Seigneur Tout-puissant : (…) C’est que, comme descend la pluie ou la neige, du haut des cieux, et comme elle ne retourne pas là-haut sans avoir saturé la terre, sans l’avoir fait enfanter et bourgeonner, sans avoir donné semence au semeur et nourriture à celui qui mange, ainsi se comporte ma parole du moment qu’elle sort de ma bouche : elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir exécuté ce qui me plaît et fait aboutir ce pour quoi je l’avais envoyée » (Is. 55, 10-11). Il me semble qu’en utilisant cette tournure de phrase, saint Matthieu affirme d’une façon implicite que Jésus est le Seigneur, le Verbe de Dieu, et qu’il donne une importance considérable aux paroles qui vont « sortir de la bouche » de Celui qu’il reconnait comme le Messie, le Fils de Dieu.
Quelles sont donc ces paroles ?
(Bien)Heureux …
Le mot grec employé est « μακάριος » (makarios), souvent traduit dans les Bibles simplement par « heureux ». Mais en grec, il existe deux termes pour dire « heureux » : l’un est « eftichis », qui signifie heureux, chanceux, l’autre « makarios », bienheureux, qu’on retrouve fréquemment dans l’Ancien Testament, ce qui ne sera pas pour nous étonner. Les paroles qui sortent de la bouche du Christ contiennent des allusions à l’Ancien Testament. On le trouve dans les prophètes : « Bienheureux ceux qui espèrent en Dieu » (Is. 30, 18). « Bienheureux celui qui tiendra, qui persévérera » (Dan. 12, 12). On le trouve très fréquemment dans les psaumes, c’est même le premier mot de ceux-ci : « Bienheureux l’homme qui ne s’en est pas allé au conseil des impies, qui ne s’est pas arrêté dans la voie des pécheurs, et qui ne s’est pas assis parmi ceux qui propagent le mal, mais qui se complaît dans la Loi du Seigneur, et médite sa Loi jour et nuit » (Ps.1, 1-2). Et aussi : « bienheureux tous ceux qui auront mis en lui leur confiance » (Ps 2, 12). « Bienheureux ceux dont les iniquités ont été remises, et dont les péchés ont été couverts ; bienheureux l’homme à qui le Seigneur ne compte plus son péché » (Ps. 31, 1-2). « Bienheureuse la nation qui a pour Dieu le Seigneur » (Ps. 32, 12). « Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison, dans les siècles des siècles ils Te loueront. Bienheureux l’homme qui a en toi son soutien » (Ps. 83, 5-6). « Bienheureux ceux qui sont irréprochables dans la voie, qui marchent dans la loi du Seigneur. Bienheureux ceux qui scrutent ses témoignages, qui le cherchent de tout leur cœur » (Ps.118, 1-2).
Au travers de ces exemples, nous avons donc l’idée qu’être bienheureux est lié à la vie en Dieu. Le mot « makarios », étymologiquement, signifie « béni » et « heureux ». L’homme est heureux parce qu’il est béni. Car en fait, qui peut être dit bienheureux sinon Dieu seul ? Les joies, les bonheurs de l’homme sont passagers et dépendent de l’extérieur. La Béatitude véritable ne peut se trouver qu’en Dieu. Dieu est lui-même le Bienheureux par excellence. « Et comme Celui qui a modelé l’homme l’a créé à l’image de Dieu, nous pouvons appeler heureux, ou bienheureux, celui qui mérite cette appellation par la participation à la véritable Béatitude. La nature humaine, image et ressemblance de la Béatitude supérieure, mérite d’être appelée bienheureuse quand elle dévoile et reflète dans sa vie l’empreinte de la Beauté supérieure et les caractéristiques de la véritable Béatitude. L’Artiste qui a dessiné notre âme à l’image du seul Bienheureux décrit dans son discours2 les divers éléments qui constituent notre béatitude ou qui nous permettent de la retrouver »3.
Les Béatitudes vont rapidement nous apparaître comme un « autoportrait » du Christ. Suivre le Christ, monter sur la montagne à sa suite, c’est toute l’ascèse de l’homme qui vise à retrouver la ressemblance de Celui Qui l’a façonné.
(À suivre …)
Marie-Thérèse GOURDIER,
Catéchèse donnée en l’église Saint Séraphin à Paris, 2012