publicat in Parole du métropolite Joseph pe 1 Juillet 2015, 13:12
La beauté est en elle-même un sceau de l’Éternité, sans laquelle la beauté ne peut pas être telle qu’elle est : purificatrice, reposante, illuminatrice, source d’inspiration, source de croissance spirituelle, révélatrice. Nous la recherchons dans les choses, mais elle est en Dieu. Elle recèle la part de ciel, de perfection et de jour sans crépuscule que chaque homme peut voir, qu’il ait la foi en Dieu ou qu’il ne l’ait pas. Certains d’entre nous cherchons d’abord la beauté et rencontrons ainsi sa Source, qui est Dieu. D’autres cherchent d’abord Dieu et en Le rencontrant, comprennent par la suite ce que peut être et ce qu’est, en vérité, la beauté.
Nous sommes tous responsables de la beauté du monde et de l’homme, mais nous savons que sans la beauté de l’homme nulle autre beauté ne peut avoir de sens. La beauté peut être cachée, un certain temps, derrière le péché, derrière l’aveuglement de l’âme et ensuite derrière la mort, qui est la fin de tout ce qui peut être atteint par la beauté éphémère. Les spectres hideux de la haine veulent prendre la place de la liberté que Dieu a mise dans notre cœur, dans l’obstination de l’homme à imposer aujourd’hui aux autres des formes et des modèles d’une « soi-disant-beauté », que le cœur de l’homme ne reçoit pas librement. Mais n’ayons pas peur, la beauté éternelle triomphe par sa nature, en tant que lumière de Celui qui est la Lumière de toute beauté authentique. Le Christ a rendu par la Croix la beauté éternelle à l’homme, et par l’homme à toute la création. Pourquoi le sommet de la beauté du monde se cache-t-il dans la Croix du Christ ? Celle-ci nous renvoie, par sa verticalité et son horizontalité, à la descente du Ciel sur terre, à l’élévation de l’humain au Ciel, à la descente de l’Amour éternel jusqu’à nous, ce qui peut rendre la beauté et l’harmonie au monde, par le Christ. Aucune trace d’égoïsme cependant ne peut tenir dans la Croix, l’homme ne s’élève pas seul, mais avec son frère dans l’humanité. La Croix, c’est la confirmation de l’amour éternel de Dieu pour l’homme ; dans cet amour se cache la beauté de toute la création, beauté perdue jadis, mais également perdue par chacun, par chaque homme qui se sépare du Christ.
Pour nous, la beauté se tient cachée derrière la Croix, pour rejaillir ensuite des profondeurs mystérieuses dans le Tombeau du Christ, brisant le mur des ténèbres, qui semblaient tenir enfermée toute la beauté du monde, pour l’éternité. Quelle beauté peut être une beauté qui passe, qui meurt, qui finit dans la mort, dans la corruption, dans les ténèbres, qui flétrit avec le temps et qui disparaît ? Ensuite, en la cherchant, nous découvrons tout à coup que la beauté parfaite se trouve dans le Tombeau dans lequel la mort n’est plus, dans le Tombeau vide du Christ, nous découvrons que la mort a été vaincue, que la beauté peut être retrouvée, éternelle et impérissable. L’homme ne passera plus, il est beau pour l’éternité en Christ, la beauté prend son sens dans sa Résurrection.
L’amour pour la beauté – pour le Beau – que nous arrivons à confesser avec si peu de force, veut rappeler que seule la présence de Dieu invoquée librement par l’homme peut rendre éternelle la beauté de toutes choses. Avec cette présence le beau n’est plus éphémère, ne se désagrège plus dans un abîme insondable, il n’est plus un simple accident, mais possède et donne le sens de l’éternité à la beauté que nous recherchons.
† Le Métropolite Joseph