Comment s’adonner aujourd’hui avec constance, dans le tumulte du monde, à l’écoute de l’Évangile ?

publicat in Varia pe 14 Avril 2015, 19:44

Nombreux sont parmi nous, ceux qui, au début de la journée, ont à parcourir de longues distances, à pied, en voiture ou en train, pour se rendre sur leur lieu de travail, et qui, le soir, après une journée harassante, ont à refaire le même parcours. Les moyens techniques d’aujourd’hui rendent plus légers, pour beaucoup d’entre nous, ces moments de fatigue ou de désœuvrement, que nous souhaiterions le plus court possible.

Les appareils audio de nos jours, nous offrent par leur discrétion, la possibilité de nous recueillir loin du tumulte du monde en allégeant notre esprit par l’écoute de la musique, par l’audition de textes ou en ouvrant notre cœur à la douceur bienfaisante de la Parole de l’Évangile. Tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament sont aujourd’hui disponibles au téléchargement sur internet, sans que nous ayons besoin de déployer de gros efforts pour les acquérir. La durée d’écoute de l’intégralité de l’Évangile de saint Matthieu dans la version de la Bible de Jérusalem ne dure qu’une heure et trente minutes. L’Évangile selon saint Marc dure à peine une heure. Les versions selon saint Jean et selon saint Luc, de durée plus longue, couvrent respectivement deux et trois heures. Les enregistrements audio de l’Évangile selon saint Jean dans la version de la Bible de Jérusalem, ainsi que les écrits de saint Silouane de l’Athos, enregistrés par notre Métropolite Joseph, nous sont aujourd’hui rendus accessibles. En nous adonnant avec constance à la lecture et à l’écoute de l’Évangile, « la paix de Dieu qui surpasse, selon l’Apôtre Paul, toute intelligence » (Phil 4, 7), étend progressivement sa douceur sur les pâturages de notre cœur agité par le vent des soucis et des inquiétudes du monde et sur nos multiples pensées, pour les rassembler et les pacifier. La grâce bienfaisante de la Parole agglomèrent ces graines de nos pensées les unes aux autres, les unifient, les humidifient sous la rosée du souffle de l’Esprit-Saint pour en faire une seule et unique pâte, ramenant ainsi notre cœur captif du monde à une bienheureuse quiétude. Délivré des entraves des soucis pour un temps, notre âme peut alors s’adonner à la jouissance de l’essentiel et de l’Unique nécessaire. Notre cœur unifié est alors offert au feu de l’Esprit-Saint qui déploie sur lui les ailes de sa divine sollicitude pour en faire une digne offrande au seul Ami de l’homme, notre Dieu et Seigneur, notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ. Alors, comme l’écrit saint Cyprien de Carthage, « de même que de nombreux grains, réunis moulus et mêlés ensemble, ne font plus qu’un pain, de même, dans le Christ qui est le Ppain céleste, […] il n’y a qu’un corps avec lequel notre multitude est associée et ne fait plus qu‘un. »1

Jacques Agbodjan

Notes :

1Lettre 63, Cyprien à Caecilius, son frère, L’Eucharistie dans l’antiquité chrétienne, p. 216, Coll. Ichtus, Ed. Desclée de Brouwer, 1981.