publicat in Un père a dit... pe 9 Mars 2015, 21:25
Chère S,
Oui, Dieu est absent dans les cœurs de ceux qui refusent Sa présence comme Lui-même S'est révélé par Jésus Christ, notre Seigneur. Mais Il est présent dans chaque vie humaine et dans l'histoire. Il œuvre toujours, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur du cœur et de la vie des hommes, selon le libre arbitre de chacun.
Tout ce qui arrive dans le monde s’inscrit dans la logique de ce monde, un monde gouverné par le mal, et non pas par Dieu.
Dieu est présent et travaille dans ce monde en le maintenant en existence dans le respect de la liberté des hommes. Seulement en respectant leur liberté, Dieu peut amener les gens dans le Royaume de Son amour.
Toutes les douleurs du monde sont des douleurs de l'enfantement « d'en Haut » de l’homme en Christ et du Christ en chaque personne. Dieu a ressenti et ressent toutes ces douleurs pour les avoir prises sur Lui, dans Son Corps. On ne connaît pas encore, en profondeur, le rôle et les effets de cette œuvre du Seigneur. Quant à nous, nous jugeons selon la chair, avec l'amour passionné pour le corps. En outre, la plupart du temps, le seul destin auquel nous sommes préoccupé reste celui de ce monde ; on ne s’intéresse qu’à ce qu’on vit ici-bas.
Mais cette raison déchue et limitée à la vie dans ce monde ne peut pas nous aider à comprendre ni le mystère du salut, ni le mystère de l’iniquité.
Le mystère du salut est l’œuvre de Dieu dans ce monde, mais le mystère de l’iniquité l’est aussi, dans le sens que Dieu le permet. Cette permission de Dieu n’est pas passivité, ni impuissance, mais pouvoir manifesté en tant que patience et longanimité dans l’attente d’accueillir ceux qui commettent des iniquités dans le monde. Dieu n’est pas une victime impuissante de l’iniquité de Ses créatures, mais Amour vivant et qui est à l’œuvre d’une telle manière que notre raison ne peut encore le comprendre. Mais si l’on veut on peut être des serviteurs de cet Amour, et non pas s’y opposer.
Ce que nous sommes appelés à faire maintenant est de se repentir, pour nous (et pour le monde entier, qui le peut) et de ne pas blasphémer Dieu. Cette attitude nous aidera à connaître la Vérité dans le Saint-Esprit. Nous devons croire à la parole de l'Apôtre: « J'estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous » (Romains 8, 18).
Demandez encore et encore la guérison, pas la vengeance ou la justice! Demandez l'Esprit Saint Qui nous apprendra tout et nous conduira à la Vérité et la Justice souhaitées.
Vous voyez, S, par ce sacrifice de notre esprit, par cette crucifixion de notre façon de penser, vient la joie de connaître l'amour de Dieu pour nous et pour Son monde. Pas ce monde, mais Son monde, « la création tout entière » qui « soupire et souffre les douleurs de l'enfantement » et « attend elle-même avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu ». « Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Romains 8, 20-21).
Donc, nous, vous et moi, et tous ceux qui sont membres vivants de l'Eglise, « qui avons les prémices de l'Esprit », nous avons le devoir de ne pas sombrer dans le désespoir quelque soit le contextehistorique et de confesser la foi évangélique avec notre vie, avec notre attitude, avec notre prière. Je sais que c'est difficile à accepter, mais c'est la Voie étroite qui nous mène à la liberté, qui nous sort de l'esclavage! C'est dur, mais si nous avons la foi, Dieu nous aide à porter ce fardeau, Lui Qui a dit : « Mon fardeau est léger ! » Ta douleur, la douleur du monde, c’est le fardeau-même que le Seigneur porte par amour pour nous et pour Son monde. Quand on Lui confie notre douleur, elle devient facile à supporter car elle est vécue comme naissance au Royaume ! Vécue, pas imaginée ! C’est la folie de la Croix par laquelle est venue la joie à tout le monde !
Celui qui ne reçoit pas la douleur comme nouvelle naissance, par le repentir, sera en proie à l’opposition et à la révolte qui débouchent toujours sur le blasphème de Dieu (Apocalypse 16, 11).
Vous avez déjà vu, chère S, – qu'en contournant la Croix, on ne se débarrasse pas de la souffrance. Au contraire, nous immergeons pire!
Avec l'espérance que vous comprenez en Dieu mes paroles, je vous embrasse en Christ notre Seigneur, avec amour et la prière,
Mère Silouana