Apprendre par cœur l’Evangile (2)

publicat in Parole de l'Évangile pe 4 Juin 2014, 19:58

Quand on apprend par cœur l’Évangile de Marc dans son entier, nous apparaît la façon dont il est construit. L’Évangile nous relate les faits et gestes de Notre Seigneur, mais il nous raconte aussi le cheminement des disciples, qui de ‘simples pécheurs’ vont devenir ‘pécheurs d’hommes’, c’est à dire transmetteurs de la foi dans le Christ ressuscité, à la fois Dieu et Homme.

Tous les personnages de l’Évangile nous parlent de nous-mêmes ; il faut considérer que les disciples, c’est nous.

Il y a un moment charnière au milieu de l’Évangile, lorsque les disciples reconnaissent Jésus pour le Messie. (Mc 8,29), événement qui se situe précisément au centre de l’Évangile.

Pendant toute la 1ère moitié en effet, les disciples ont vécu l’incertitude, comme nous pouvons la vivre :

 - « Qui donc est celui-ci ? » se demandent-ils au chapitre 4 (C’est en Mc 4, 41 au moment de la 1ère traversée, ou ‘Tempête apaisée’) ;

 - Puis au chapitre 6, on nous dit que : « ils n’avaient rien compris » (Mc 6, 52) Ils ont participé à la fraction des pains (ou ‘Multiplication’) (Mc 6, 34-44) et n’ont pas repéré que nourrir les affamés comme cela, était le fait du Messie, un signe de sa messianité, prédit par les prophètes.

Voilà, ils sont incertains. Ils ont une foi chancelante. Ils ne discernent pas les signes.

Puis le Christ leur ouvre l’œil intérieur, l’œil de l’âme C’est ce qui est raconté dans l'histoire de la guérison de l’aveugle de Bethsaïda. On est alors au chapitre 8 : 8, 22-26. Et aussitôt, exactement 3 versets plus loin, ils sont devenus capables de reconnaître sa messianité : en 8, 29  Pierre dit au nom de tous : « Toi, tu es le Messie. »

Pour nous aussi, une fois que nous avons reconnu et dit comme eux : « Tu es le Messie » – c’est à dire le oint de Dieu, le Fils bien-aimé – s’ouvre la 2ème moitié de l’Évangile ; cette 2ème moitié du parcours est sombre. Elle relate d’abord l’incompréhension des disciples devant les 3 annonces de la mort-résurrection, puis les disputes avec les autorités menaçantes, le discours eschatologique effrayant, Gethsémani, l’arrestation, la Passion, la Crucifixion :

- Avant d’aborder ces moments noirs, Jésus commence par nous réconforter, par asseoir notre foi :

1) Il nous montre sa gloire divine autant que nous pouvons la supporter (Transfiguration, Mc 9, 2ss.) Oui, chacun d’entre nous, je pense, peut vivre une toute petite parcelle de cela, percevoir la divinité du Christ, chacun à sa mesure, et garder la mémoire de cette expérience dans son cœur.

2) Il nous montre sa capacité à restaurer l’homme déchu que nous sommes, celui qui se roule par terre en bavant, privé de la Présence Divine et malheureux jouet du démon. (Guérison de l’enfant qui a un souffle sans parole, ou ‘enfant épileptique’ - Mc 9, 14-29)  Cet enfant, c’est nous. Ayons confiance en la puissance du Christ, et Il la déploiera.

- A ce stade, nous sommes encore loin d’être arrivés. Comme pour les disciples, il nous reste beaucoup d’obstacles à surmonter, de renoncements à opérer, de passions à purifier, d’occasions à saisir pour faire preuve d’attachement et de persévérance dans l’adversité, Etc...  Pour tendre de plus en plus à se faire l’associé de l’Esprit-Saint … au service de la volonté du Père.

C’est ce que nous raconte la 2ème moitié de l’Évangile.

C’est un chemin de montée –  « Voici, nous montons vers Jérusalem », dit Jésus en amorçant la montée, (Mc 10, 33) – chemin sur lequel on avance en trébuchant …

Les erreurs et les chutes des disciples ne nous sont pas cachées. Nous pouvons nous reconnaître en elles, tout y est : volonté propre et orgueil, domination et manipulation des autres, idolâtrie à l’égard des satisfactions éphémères ... Leurs chutes nous servent à prendre conscience des nôtres, et à garder le cap vaillamment sans nous laisser décourager par ce triste spectacle ! Symétriquement s’accroît notre confiance et notre amour pour ce Maître qui à chaque pas révèle sa bonté, qui pardonne toujours, et qui pour finir prendra sur lui le péché.