publicat in In memoriam pe 4 Mai 2014, 18:59
Le 6 octobre 2013, 20 ème dimanche après la Pentecôte, à l’issue de la divine liturgie, Père Nicu Voinea, de la paroisse de l’Exaltation de la sainte Croix à Rome, a fait une hémorragie cérébrale. Il est tombé dans le sanctuaire et a été transporté en urgence de là jusqu’à l’hôpital. Qui aurait imaginé que pour lui cette célébration de la sainte liturgie devait être la dernière dans l’Église militante de la terre ? Qui aurait cru que pour lui cela devait être la dernière sainte Communion, qui serait un viatique sur la route vers le ciel ? Deux opérations compliquées s’en suivirent, ainsi qu’une période de grande souffrance, qui se termina par son repos en Dieu, le 17 novembre 2013, à 16.40. Ainsi il acheva sa vie terrestre, à seulement 45 ans, le révérend Père doyen Nicu Voinea, de bienheureuse mémoire.
Père Nicu nous a quittés par le corps, mais il n'a pas quitté notre coeur, ni notre mémoire ou notre prière. Notre esprit et notre coeur gardent vivants et actuels son visage plein de douceur, son sourire lumineux et son chaleureux regard, qui nous faisaient nous sentir compris et aimés. Il suffisait de le rencontrer une ou deux fois pour avoir l’impression de le connaître depuis toujours. Équilibré et sage, discret et humble, simple, mais profond, Père Nicu a su vivre la prêtrise dans une sorte de service de Dieu et du prochain qu’il est rarement donné de voir. Il avait conscience qu’il avait été appelé à cela, à être le pontife du Christ, le Pontife éternel. Auprès de lui, nous pouvions voir ce que signifie le naturel du ministère presbytéral, sans artifices ni prétentions, sans triomphalisme ou fausse modestie, mais, au contraire, le naturel de l’Esprit, dans un équilibre sage, avec la conscience et la responsabililté de l’oeuvre salutaire de la prêtrise.
Pour les prêtres de Rome et des environs, Père Nicu était un modèle et une référence. Il n’était pas rare que certains d’entre nous lui demandent conseil pour divers aspects de la pratique liturgique ou pour résoudre des problèmes spirituels. Il ne disait pas qu’il fallait faire d’une façon ou de l’autre, et il montrait seulement ce qu’il faisait ou ce qu’il aurait fait dans une semblable situation. Il ne donnait pas de cours. Il n’imposait rien, mais il proposait, d’une façon ou de l’autre, une mesure élevée et sage du service de Dieu. Le Père avait une autorité particulière parmi les prêtres de Rome et des environs, mais non une autorité imposée par l’âge ou la fonction: une autorité spirituelle, obtenue pas la bonté et l’amour, par la douceur et la sagesse devant la faiblesse d’autrui. Car « ainsi faut-il que brille votre vie: que les gens, voyant vos oeuvres de bien, rendent gloire à Dieu » (Mt (5, 16). Père Nicu a été une lumière. Il a été un cierge qui éclairait les vies, qui réchauffait les âmes, qui accompagnait les pas... Un cierge qui a brûlé et qui s’est consumé, éclairant et fortifiant les autres; un cierge qui s’est maintenant éteint devant nos yeux, pour s’allumer au ciel. De célébrant, il est devenu célébration – une célébration, en tant que ministère eucharistique inclus maintenant dans la communion du Christ « plus véritablement, dans le jour sans crépuscule de son Royaume ».
Je suis l’un de ceux qui remercient Dieu et qui lui rendent gloire d’avoir connu Père Nicu, d’avoir permis qu’il existe, au moins pour un temps (toujours trop court), pour moi aussi. D’avoir pu connaître l’ouverture réciproque du coeur; d’avoir pu, de sa main, ressentir le pardon de Dieu; de l’avoir eu comme frère et comme main amie sur la route du ministère presbytéral.
Quoique mort corporellement, Père Nicu est plus vivant que nous ne le croyons. Il restera éternellement vivant dans le coeur de son épouse, la digne preoteasă Ancuţa, dans le coeur de leurs trois enfants, Emanuel, Maria et Vladimir, dans ceux de ses nombreux enfants spirituels et des fidèles de la paroisse réunie par lui depuis quatorze ans, ainsi que dans le coeur de tous ceux qui l’ont connu et aimé. Quoique invisible désormais de nos yeux corporels, il est toutefois à côté de nous. Il est seulement passé « dans la chambre haute », où le Seigneur a préparé une Table.
Nous prions l’éternel Grand-prêtre que le Seigneur Dieu se souvienne de sa prêtrise dans son Royaume, en tout temps, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles: Amen! Qu’éternelle soit sa mémoire !
P. Ilie Ursachi, Paroisse « la Conception de la Mère de Dieu », Rome