publicat in Homélies et sermons pe 8 Janvier 2014, 17:23
St Nikolaï Velimirovic, Prologue d’Ochrid
« Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Lc. XII, 21)
Tout ce qui est à Dieu porte le sceau de l’immortalité. Et le Royaume de Dieu est le Royaume de l’immortalité. Si, donc, nous désirons respirer l’air de l’immortalité, nous devons rentrer en nous-mêmes, descendre au plus profond de notre cœur pour y chercher le Royaume de Dieu. En dehors, c’est le règne de l’éphémère, de l’air du transitoire et du corrompu, que l’âme a de la peine à respirer. C’est l’empire naturel des sens, par conséquent le Royaume de ce qui est aliéné de notre âme – elle-même appartenant à notre royaume intérieur. Pourquoi les gens désirent-ils faire un long séjour dans un pays étranger ? Pourquoi entrent-ils si rarement et à contre cœur chez eux ? A chaque fois que nous pensons au monde, nous pensons à ce pays étranger. A chaque fois que nous pensons au monde des sens, nous faisons de même. Vivant par les sens nous sommes comme un homme qui passe sa journée à se hâter d’une maison étrangère à l’autre, et ne retournant chez lui que le soir pour dormir. Ainsi consacrons-nous les heures où nous sommes éveillés à la mort et notre sommeil à l’immortalité ! Nous nous retrouvons, en revenons à nous-mêmes seulement dans le sommeil. Mais pendant notre sommeil, nous rêvons des heures où nous sommes éveillés. Ceci signifie que, même à la maison, dans l’inconscience du sommeil, nous rêvons de cette terre étrangère. Nos rêves sont sensuels parce que nos heures de veille le sont. Et ainsi sommes-nous dans un pays étranger, à la fois en dormant et à l’état de veille. Nous sommes constamment en dehors de nous-mêmes. Mais le Seigneur désire notre retour à nous-mêmes, à ce qui est chez nous et à notre pays natal. Pour nous, le Royaume de Dieu est à l’intérieur de nous-mêmes ; *en dehors de nous-mêmes est un pays étranger. Pour fuir ce dernier et trouver notre propre maison, dans laquelle nous sommes amenés à une rencontre directe avec Dieu, nous devons rentrer en nous-mêmes, dans notre cœur. C’est là qu’il y a le Roi, et c’est là que se trouve le Royaume.
O Seigneur et Roi des anges et des saints, montre-nous la richesse et la splendeur de Ton Royaume au dedans de nous. Puissions-nous en venir à aimer Ton Royaume plus que nous désirons le pays étranger où règnent les sens, le transitoire et l’altérable.
A Toi gloire et louange à jamais.
Amen.
(Trad. de la version de Mother Maria, Anne Monney)
*Ce texte n’est-il pas une mise en garde urgente à une époque où les relations virtuelles (courriels et messages sur téléphones mobiles) rendent ce retour à nous-mêmes, dans le silence de notre chambre, de plus en plus difficile ? (Com. de la trad.)