publicat in AXIOS Association pe 24 Septembre 2013, 16:48
Il est bien difficile de résumer en quelques lignes toutes les expériences vécues ainsi que tous les dons visibles et invisibles reçuslors de ce pèlerinage de neuf jours1 qui nous a conduits – nous étions une petite vingtaine de participants –, en Roumanie, le long d'un parcours riche en visites, en découvertes et surtout en rencontres, à travers les régions de la Valachie et de la Transylvanie.
Globalement, nous avons goûté une qualité d’hospitalité et d'accueil remarquable, avec cependant un quelque chose en plus d’égard et de bienveillance du fait que nous étions accompagnés d'un Evêque de notre Métropole, en l'occurrence de Monseigneur Marc, qui fut une chance et une bénédiction pour notre groupe.
Me revient cet instant de jubilation intérieure lorsque notre groupe mené par Monseigneur Marc empruntant à pied le chemin d'accès au monastère de Dealu, les cloches du monastère carillonnèrent à toute volée pour prévenir de notre arrivée et teinter de joie, d'honneur et de cérémonial l'instant imminent de la rencontre. Cette marque d'hôtes de choix nous l'avons plusieurs fois encore appréciée lors de réceptions et repas abondants et somptueux préparés avec soin, goût et sans doute beaucoup d'amour...
Toujours de façon assez générale, j'ai été infiniment touchée que ce voyage me révèle l'histoire souvent tourmentée de ce pays ayant subi nombre d'oppressions (domination ottomane, invasion hongroise – en Transylvanie –, le Nazisme, le Communisme), qu'il me rende ce pays plus familier voire proche et attachant, à travers le goût partagé deses habitants, maintes fois décliné par les Roumains que nous avons rencontrés,pour la culture française et notre pays. J'y ai découvert un esprit de résistance à toutes les barbaries et une grande fidélité, malgré les soubresauts de son histoire, à la foi orthodoxe...
Plus en détails, les moments qui ont été pour moi les plus forts furent :
… cet émerveillement des sens dans la cour intérieure du monastère d'Aninoasa aux allées toutes bordées de lys parfumés blancs et or dignes du jardin de la Mère de Dieu !
… la visite de la magnifique cathédrale de Curtea de Arges avec son élégante architecture extérieure faite d'ornements et de dentelles de pierre sculptés ainsi que son architecture intérieure extraordinaire par l'existence d'un narthex richement orné renfermant les portraits et les tombeaux de membres de la famille royale, doté surtout de douze imposantes colonnes organisant l'espace comme autour d'un péristyle intérieur.
… ce privilège émouvant d'être introduits dans la cellule de l'Archimandrite Teofil – au monastère Brancoveanu de Sambata – restée en l'état telle qu'il y vivait et y travaillait, comme s'il venait tout juste de la quitter... Nous étions au milieu des étagères remplies de ses cassettes et de ses livres en braille, auprès de sa machine à écrire également en braille n'attendant que son retour (!), de tous ses objets familiers ainsi que de sa couche. Nous y passâmes un long moment comme si une force bienfaisante et pacifique nous aimantait dans ce lieu d'intimité avec ce saint Père. Indiciblement nous y avons ressenti sa présence généreuse et bénissante... Moi qui, à l'occasion de la visite à Bordeaux de l'Archimandrite Teofil, il y a de nombreuses années, n'avait pas osé l'approcher du fait d'une timidité paralysante et déplacée, j'ai été heureuse de l'approcher ici de manière invisible mais réelle et surtout de pouvoir chanter pour lui de tout cœur lors de la Panikhide improvisée sur sa tombe au cimetière du monastère.
… cet entretien spirituel inattendu dans ce même monastère avec Monseigneur Serafim, Métropolite d'Europe Centrale, de retour quelques jours à Fagaras, sa ville natale, non loin de là. Monseigneur Serafim après nous avoir décrit les grandes figures spirituelles de ce monastère durant le XXème siècle nous enseigna sur la prière, le jeûne et l'aumône avec bonne humeur, légèreté, simplicité etbeaucoup de profondeur...
… ces retrouvailles chaleureuses avec Marga, paroissienne de Bordeaux, si heureuse de nous recevoir et nous faire les honneurs de sa maison et de son village natal de Corbeni. Comme à son accoutumée le repas qu'elle nous a offert fut plus que copieux et délicieux.
… la visite des églises et villages fortifiés de Transylvanie (Biertan, Viscri) et de la magnifique citée médiévale de Sighisoara ou encore le ravissement d'une longue et joyeuse ballade en carrioles tirées par des chevaux à travers les paysages de campagne si bucoliques et si préservés de cette région de la Roumanie... J'avais alors simplement un pincement au cœur que notre amie Josette n'ai pu y participer et soit restée sur place à l'endroit du départ à attendre notre retour...
Bien sûr tout ne fut pas en tout point source d'émerveillement et de joie. Au contraire même, certaines expériences me portèrent à l'interrogation voire même au désarroi concernant des pratiques religieuses, ce, au sein même de monastères - oserai-je les qualifier de laxistes ou de non conformes me semble-t-il à cette foi orthodoxe que je m'efforce de découvrir et de vivre ? - : ici ce fut des règles de jeûne eucharistique ou de tenue vestimentaire quelque peu relâchées, là ce fut une Liturgie où seul un bébé dans les bras de sa mère communia, sa grande sœur s'étant approchée avec un cierge du saint calice ayant été écartée… Comment me dis-je est-il possible de concevoir la Divine Liturgie comme une œuvre divino-humaine où l’assemblée demande avec instance la descente du Saint Esprit sur les Saints Dons et où elle reste ensuite comme sourde à l'invitation du Christ Lui-même : « venez et mangez-en tous... venez et buvez-en tous », puis où elle Le congédie sans L'avoir même reçu? Quelles incidences qui m'échappent assurément avaient pu avoir les vicissitudes de l'histoire de ce pays et les persécutions de son Eglise sur un usage si parcimonieux voire inexistant de la Communion au sein des assemblées liturgiques ?...
La dernière soirée à Bucarest m'apporta une réponse consolante et réjouissante à cette question de la veille. Nous étions attendus à l'église russe Saint Nicolas dont le Recteur est l'aumônier des étudiants, le Père Vasile Gavrila. Nous avons tout d'abord goûté la beauté des chants de l'office de la Paraclisis à la Mère de Dieu magnifiquement interprétés. Ce fut un de ces moments où la beauté nourrissant la contemplation et la prière fait s'ouvrir les Cieux sur la terre et transforme l'instant en éternité. Et puis il y eut ces échanges ouverts et sympathiques avec les jeunes étudiants présents. Au cours de cet entretien, une paroissienne nous apprenait qu'une assemblée très nombreuse de fidèles, constituée d'étudiants actuels et aussi de plus anciens avec leur famille, participe à la Divine Liturgie le dimanche et que la Sainte Communion, malgré la présence de plusieurs calices, peut durer plus de vingt minutes... J'étais ravie de cette autre vision de la vie de l'Eglise roumaine témoignant ici du dynamisme de la foi et de la pratique liturgique. Je m'imaginai à cet instant cette foule de fidèles et disciples du Christ venant s'abreuver à la source et diffuser invisiblement ensuite par leur vie dans le monde Sa présence... Avant de nous quitter, je ne boudai pas ma joie de partager avec nos jeunes hôtes la ferveur de la prière dans un chant à la Mère de Dieu.
Il y eut bien sûr le long de ces neuf jours beaucoup de temps de convivialité, de l'amitié et de la fraternité àl'œuvre (via l'adoucissement parfois de quelques aspérités relationnelles !) au sein de notre petit groupe... L'heure du départ sonnait avec pour moi quelque regret que ce voyage fut déjà terminé.
Enfin, tout cela n'aurait pas existé sans les soins particuliers apportés par Bogdan – le coordonnateur du Centre de Pèlerinage de la Métropole, à l'organisation de ce voyage pour le rendre le plus intéressant et le plus agréable possible – même si Dieu y a coopéré et même rajouté une part d'heureuses surprises –, ni également sans son dévouement, sa patience et son attention de tous les instants portés à chacun d'entre nous... Qu'il en soit ici remercié et que Dieu l'aide à poursuivre avec toujours plus d'efficacité et de zèle ce travail de mission au sein de notre Eglise.
En conclusion, je dirai brièvement le bienfait spirituel qu'aura été pour moi ce voyage car insensiblement il m'a réorientée vers la prière et je garde depuis au cœur une certaine paix et une ferme assurance en Dieu et dans le Christ notre Seigneur même dans le cours des apparences adverses de l'existence...
Gloire à Dieu pour toutes les merveilles qu'Il accomplit pour nous !
Danielle, fidèle de la paroisse orthodoxe Saint Joseph de Bordeaux
Belge et catholique, je me suis sentie accueillie par les pèlerins en majorité français et orthodoxes, mais aussi par le pasteur luthérien de Belfast et par le duo Italien, dès l’aéroport.
J’aime les visages ; je rends grâce alors pour tous ces nouveaux visages rencontrés, visages de pèlerins mais aussi visages roumains, tous icônes du Tout Autre. Je revois ce visage d’une dame et de sa petite fille avec qui j’ai échangé quelques mots près de la tombe de leur fils et papa lors de notre étape vers la Transylvanie, visages de Marga et de son frère, visage bouleversant de la dame qui faisait du charbon de bois, visages de moines et de moniales…
Je rends grâce aussi pour la première bénédiction reçue dans l’église de Coltea, à Bucarest, pour la beauté du jardin du monastère d’Aninoasa, pour le coucher de soleil dans le village de Marga, pour la lumière du soir à Sambata, pour la découverte du chant : « Groβer Gott, wir loben dich » dans l’église fortifiée de Sighisoara, hymne que nous chantons dans ma région, pour cet instant magique en carriole à travers la campagne roumaine, pour les liturgies…
Marie-France, Belgique
Cette année j'ai décidé de répondre à l'invitation figurant sur l'annonce du pèlerinage en Roumanie 2013 : « Venez et voyez » (Jean....) Deux petits mots dynamiques, irrésistibles. Un appel à découvrir le pays, la langue et l'histoire de ceux avec qui je prie et chante aux liturgies, un appel à m'ouvrir à d'autres chrétiens, une invitation à participer à une autre réalité.
Je me suis donc déplacée et j'ai vu. Tant de belles fresques dans les églises. Tant de belles personnes. Tant de ferveur durant les offices. Des chœurs liturgiques d'hommes qui vous remuent l'intérieur, des ballades campagnardes en voitures à cheval pour aller découvrir l'un des derniers fabricants de charbon de bois, des cloches à la volée pour fêter l'arrivée et le départ de Mgr Marc dans un monastère de moniales à l'accueil inoubliable, la traversée des Carpates et encore bien d'autres souvenirs.
Quand on rentre chez soi le cœur comblé et plein de gratitude, la curiosité aiguisée, on peut dire que l'invitation a été réussie. Un grand merci à Bogdan qui nous a permis de découvrir cette région dans les meilleures conditions.
Alix, Pau
Un bouquet de souvenirs, de temps forts, autant de monastères, d'églises, de paysages escarpés dans les Carpates méridionales, mais aussi aux douces collines et de champs; au détour d'une de ces belles routes une cascade bondit et va ruisseler dans une vallée.
Des rencontres enrichissantes autour d'une table accueillante pour une rencontre avec Mgr Niphon, d'une conférence – rencontre avec Mgr Seraphin, d'un repas toujours très généreux chez Marga, que dire encore des Divines Liturgies dans une Cathédrale ou l'Eglise princière, comment ne pas dire merci à tous et à toutes sans oublier notre chauffeur sans lequel nous n'aurions pas parcouru cette région de la Roumanie, cette belle terre.
Traversant les Carpates, je me suis mise à rêver, pourquoi pas un Noël enneigé dans un monastère au cœur de cette nature encore protégée et en terre Orthodoxe par essence.
Christiane, Bayeux