Evénements dans la paroisse de Tous‑les‑saints à Milan‑Nord ‑ Monza

publicat in De la vie des paroisses pe 10 Août 2011, 12:42

Au cours des semaines qui se sont écoulées, se sont tenus dans notre paroisse un certain nombre d’événements religieux qui ont créé une atmosphère de joie dans la vie de nos fidèles.

Pour commencer nous rappellerons qu’un groupe de 25 jeunes, ce qui représente seulement une partie de ceux qui appartiennent à la « Fraternité Nepsis » de la paroisse de Milan‑Nord – Monza, a participé du 3 au 5 juillet 2011 au « Festival de la Joie » organisé par la paroisse de « l’Exaltation‑de‑la‑sainte‑Croix » à Turin. Soulignons la variété des représentations et le nombre important de groupes d’enfants et de jeunes venus des diverses paroisses orthodoxes roumaines de notre diocèse. Au cours des deux journées toutes les personnes présentes ont, pour leur participation, été appréciées et distinguées par Monseigneur Silouane, Evêque d’Italie, l’initiateur de ce festival. Rappelons également l’irréprochable organisation due au Père doyen Lucian Rosu – de la paroisse de l’Exaltation‑de‑la‑sainte‑Croix, à Turin‑2. Notre joie a été encore plus grande quand Monseigneur a annoncé que l’an prochain, en 2012, la IVème édition du festival se déroulerait dans la paroisse de Milan‑Nord – Monza.

Le deuxième événement, de caractère culturel, a coïncidé avec la fête des jeunes de Turin: avec l’aide du Dieu de bonté nous avons pu y participer. Ainsi, le dimanche 5 juin 2011, à l’issue de la divine Liturgie, les familles – adultes et enfants de notre paroisse – ont pris part à la VIIème édition de la « Fête des Peuples », qui se déroulait en collaboration avec la paroisse catholique‑romaine San Carlo, avec les représentants de communautés des Philippines, de l’Equateur, du Pérou, de la Colombie, d’Egypte, de Tunisie et du Sri Lanka. L’événement a attiré par lui‑même une nombreuse participation, et les représentants de notre paroisse ont essayé de montrer que le peuple roumain détient un important trésor culturel, spirituel et folklorique. La fête a commencé par un repas traditionnel, coordonné et préparé par l’épouse du Prêtre et les femmes du Comité paroissial. A notre stand étaient présentés des revues, des dépliants, des brochures publicitaires montrant des personnalités remarquables de notre culture et de notre littérature, les monastères de Roumanie, les stations balnéaires et climatiques, les centres touristiques importants, les costumes populaires et des objets artisanaux. Un groupe de jeunes musiciens a interprété plusieurs mélodies populaires caractéristiques des diverses régions de notre pays, et, en accord avec les chants, quelques couples d’hommes et de femmes ont fait la joie des participants par le rythme des danses. Ce fut un bon moment pour nous rencontrer, nous approcher les uns des autres, nous connaître mutuellement, apprendre les uns des autres, essayer de dépasser les préjugés, et nous voir les uns et les autres tels que nous sommes.  

Le dimanche 19 juin 2011 toute l’Eglise orthodoxe roumaine célébrait la fête de Tous les Saints, qui sont les patrons spirituels de notre paroisse. Les saints que nous vénérons nous montrent que, depuis l’Incarnation de Dieu, l’Eglise a engendré des saints, a été servie par des saints et a vénéré les saints qu’elle a considérés comme les piliers et les tours de l’Eglise, les guides et illuminateurs de la foi, les athlètes du Christ, les maîtres de la chasteté et des exemples d’humilité. Notre prêtre et les fidèles de notre communauté ont célébré et loué tous les saints au cours de l’office des vêpres et des matines,  ainsi qu’au cours de la divine Liturgie, rendant gloire à Dieu pour tous les dons et toutes les joies faites à son peuple et à nos paroissiens. Après la proclamation de l’évangile du jour, à l’homélie, dans le cadre de la divine Liturgie, furent cités de nombreux passages du livre Dieu est admirable parmi les saints. Cet ouvrage constitue lui‑même un hommage à tous les saints et s’inscrit dans la série de manifestations consacrées à l’année dédiée au saint baptême et au saint mariage. L’office a été suivi de l’agape fraternelle à laquelle ont participé tous les chrétiens orthodoxes et catholiques‑romains, les prêtres et les officiels. La table avait été préparée par l’épouse du prêtre et par les femmes du Comité paroissial, dans la salle du lycée Leon Dehon, où furent présentes 300 personnes environ, membres de notre paroisse et des paroisses voisines.

Du 23 au 26 juin, un groupe de 20 pèlerins de notre paroisse, accompagnés de pèlerins des paroisses de Milano‑Ouest – Rho, Verbania et Côme, a pris part à un pèlerinage en France organisé par le diocèse d’Italie. Les fidèles se proposaient de vénérer les reliques de saint Jean Baptiste dans la ville d’Amiens et de la sainte impératrice Hélène à Paris. Le 24 juin, jour de nativité de saint Jean Baptiste, les fidèles ont participé à la divine Liturgie en présence de Son Eminence Joseph, Métropolite d’Europe occidentale et méridionale, puis ils ont pris part à l’agape fraternelle organisée par le prêtre du lieu. Le soir du même jour ils ont visité le centre métropolitain de Limours pour y prier, et, le lendemain, ils ont visité la ville de Paris.

Le 26 juin 2011, à l’issue de la divine Liturgie, le jeune architecte Andrei Màrgulescu, doctorant de la Faculté d’Architecture de Milan, a donné une conférence sur le thème: le Fondement théologique de l’architecture byzantine et son image dans le cadre de la sainte Liturgie. Etaient présents des jeunes et des fidèles qui ont joui des nombreuses explications données par le conférencier en ce qui concerne l’architecture d’une église byzantine. Ce fut un enchantement de constater qu’un jeune architecte pouvait nous parler, non seulement en termes techniques, mais également du point de vue théologique, et surtout nous surprendre par les rapports théologiques qui existent entre l’architecture, la peinture orthodoxe et la divine Liturgie.

Un autre événement a eu lieu le 3 juillet à l’occasion des « Journées du costume populaire roumain », fête culturelle instituée dans toute l’Italie à l’inititative et avec la bénédiction de Monseigneur Silouane. Par cette fête, et également par d’autres, nous essayons de redécouvrir et de cultiver le goût pour les valeurs culturelles qui nous sont spécifiques. Cette année, en comparaison avec l’année précédente, nous avons observé que les jeunes autant que les adultes ont fait beaucoup plus tard l’effort d’acquérir un costume populaire de leur région d’origine. Mais, à l’ouverture de la fête qui s’est déroulée dans la cour de l’église, les jeunes de la Fraternité Nepsis de notre paroisse ont fait la présentation de costumes populaires de diverses régions du Pays. A notre surprise nous avons pu découvrir que de nombreux symboles religieux comme les poissons, la croix byzantine, l’échelle de vie, la vigne, l’épi de blé, le paon et de nombreuses figures géométriques, se retrouvent brodés sur nos costumes populaires. Deux des costumes présentés dataient de 100 ans environ, et un autre de presque 150 ans. Les costumes populaires roumains nous offrent par eux‑mêmes une bonne occasion de réfléchir sur l’habit roumain, non seulement du point de vue artistique ou folklorique, mais également du point de vue théologique. En effet, nous savons que dans l’Eglise orthodoxe nous pouvons parler de la déification de l’homme; mais nous pouvons affirmer qu’il existe également une sanctification des objets et des instruments que l’être humain utilise. Aujourd’hui nous sommes habitués à utiliser de façon consumériste les objets avec lesquels nous entrons en contact et nous commençons à ne plus leur donner de valeur; mais, dans le passé, les hommes croyants appréciaient comme un don de Dieu chaque objet qu’ils recevaient et qu’ils avaient. Autrefois les symboles sacrés de l’église ne se limitaient pas seulement au lieu de culte: ils se rencontraient également comme dans un miroir sur le vêtement populaire roumain. Nous savons que les habits des prêtres sont bénis par une prière spéciale. Mais il n’est pas excessif d’affirmer que les costumes populaires également sont bénis, surtout ceux que les chrétiens mettaient ou mettent pour aller à l’église, notamment par le soin avec lequel ils ont été cousus, soignés et empreints de symboles religieux, même si nous ne parlons pas de prières spécifiques de bénédiction.

Tous ces éléments nous montrent que dans le Christ, par le Saint‑Esprit, se refait l’harmonie de l’homme et des objets que celui‑ci utilise. En effet, grâce à la descente dans le monde du Saint‑Esprit « qui sanctifie tout », la nature n’est plus une masse informe, une matière morte: au contraire, elle est sanctifiée. Ce fait est mis en valeur par l’art populaire roumain. On y observe une interpénétration de la grâce sanctificatrice et de la maîtrise avec laquelle sont travaillés les objets qui ornent les églises, ou les objets artisanaux: ceci peut être considéré comme une sacralisation de la nature. Ainsi, nous constatons que le bois incrusté de motifs religieux, les peintures sur verre, les portes en bois, les figures géométriques que nous pouvons découvrir dans l’architecture des églises du Nord de la Moldavie ou dans la région du Maramures, ainsi que les éléments symboliques, tels que la vigne, les épis de blé, la fleur de soleil et le lys qui sont sculptés sur les iconostases de nos églises, signifient que la nature est apportée aussi près de Dieu que possible, qu’elle est sacralisée dans le cadre du culte divin qui a pour centre la divine Liturgie. Après la présentation des costumes populaires, les jeunes de notre paroisse ont ouvert la deuxième partie du programme avec deux danses populaires, et les groupes de fidèles ont dansé et ont interprété des chants spécifiques des régions d’où ils viennent: Moldavie, Transylvanie, Maramures, Dobroudja et Banat. Pour tous les présents ce fut un vrai enchantement. Ces moments nous montrent que si nous ne nous affermissons pas dans la foi et si nous ne restaurons pas ce qui nous est spécifique, il existe le rique de perdre sans retour des valeurs chrétiennes, culturelles et traditionnelles.  

Rédigé par le prêtre Pompiliu Nacu,
Milan Nord ‑ Monza