Ajouté le: 6 Octobre 2009 L'heure: 15:14

« Je vous écris, jeunes gens… »

« Je vous écris, jeunes gens… »

Comment oserai-je vous donner une parole ? Ma génération n’est-elle pas de celles qui vous ont légué un monde en pleine faillite ? N’est-elle pas, a juste titre, discréditée, pour faire la leçon ? Car, a partir de maintenant, l’humanité va devoir tenter de survivre. « No future » trouve-t-on inscrit sur les murs. Ce n’est pas faire du catastrophisme que de penser que nous sommes entrés, pour le moins, dans une zone de grande turbulence. D’aucuns parleront de naufrage ! En tout cas, notre terre est gravement menacée et ses habitants vont nécessairement en souffrir, peut-être en mourir. 

Ce n’est pas d’une conviction nouvelle que je vous entretiendrais. Il y a plus de cinquante ans déja, j’ai eu la grâce de réaliser l’imposture de notre civilisation. Et dès l’âge de dix-huit ans, je quittais ma famille en vue de mener une autre vie et cela sans savoir de quoi elle serait faite. Ce n’est qu’une quinzaine d’années plus tard que j’ai opté pour la vie monastique. Je peux dire n’avoir jamais regretté la rupture que j’ai faite dès l’adolescence. Le temps n’a fait que me confirmer dans mon choix. Aujourd’hui je constate, avec effroi, que l’évolution de notre société a trop bien correspondu aux prévisions les plus sombres des trop rares « prophètes » du siècle dernier qui nous alertaient déja au sujet de la catastrophe à venir.

Mon témoignage n’est pas une invitation a opter pour la vie monastique, même si je crois que celle-ci, vécue sérieusement, est plus apte que toute autre a relever les défis de notre époque. Je voudrais seulement vous alerter sur la gravité de ce temps et vous inviter, au nom de votre vocation chrétienne, a y faire face par une consécration totale a la vérité qui, pour nous croyants, est Jésus-Christ.

Faire face a quoi ? Au déchaînement du mal et du mensonge, a la subversion corruptrice des âmes qui conduit notre société a l’abîme.

Comment répondre à ce défi de l’enfer ? D’abord en se positionnant clairement. L’Evangile de notre divin Maître est très clair : « Vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde ». Tout est dit.

Certes, et avec raison, on invite la jeunesse à s’engager généreusement en faveur de toutes sortes de bonnes et nobles causes, entre autres à servir l’Eglise. Mais comment le fera-elle d’une manière juste et éclairée ? En se gardant du monde. En prenant de la distance pour acquérir un jugement libre et critique, pour rester vigilant, éveillé et sobre. Et comment le pourra-t-elle ? En aimant Dieu et en aimant l’homme. Celui qui aime Dieu et qui est plein de pitié pour l’homme ne peut aimer le mensonge. Il ne peut donc aimer le monde « tout entier au pouvoir du Malin » (1 Jn 5, 19) « menteur et homicide depuis l’origine » (Jn 8, 44) au témoignage de Jésus.

Restera à chacun à trouver concrètement la manière de ne pas être du monde. Il y a là matière à une réflexion et à un débat intéressant. Ce qui est certain c’est qu’un disciple de Jésus-Christ qui se veut conséquent ne peut penser comme tout le monde, ne peut aimer ce que tout le monde aime, ni conformer sa vie aux critères édictés par le monde. « Si le sel perd sa saveur il n’est plus bon qu’a être jeté ». Si le chrétien perd sa spécificité, celle d’être saint, au sens biblique du mot (séparé, mis a part) comme son Père céleste est saint, s’il n’a pas l’Esprit du Christ il sera, a juste titre, méprisé et rejeté.

Ce thème du rapport du chrétien avec le monde est trop vaste pour qu’on puisse l’exposer davantage ici, mais il est fondamental. A chacun de le méditer honnêtement et courageusement a partir des Saintes Ecritures, du témoignage des saints Pères et de tous ceux qui se sont sanctifiés. 

Je ne saurais mieux conclure mon bref message qu’en laissant la parole à Saint Jean le disciple bien-aimé : « Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, que la parole de Dieu demeure en vous et que vous avez vaincu le Mauvais. N’aimez ni le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde, – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la richesse – vient, non pas du Père, mais du monde. Or le monde passe avec ses convoitises, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement ». (1 Jean 2, 14-17)

L’archimandrite Jacob

« Je vous écris, jeunes gens… »

Les dernières Nouvelles
mises-à-jour deux fois par semaine

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger