(Trad. Igor Astrow, lauréat de l’Académie Française)
L’oiseau ne connaît pas nos soucis et nos peines,
C’est un enfant de Dieu, que le destin bénit.
Car le ciel et la terre à ses besoins subviennent.
Il trouve sans effort sa pitance et son nid.
Pendant la nuit, perché sur la branche, il somnole,
Mais dès que le soleil se lève à l’horizon,
L’oiseau paraît ouïr la Divine Parole,
Il commence à chanter sa candide oraison.
Après le doux printemps, beauté de la nature,
Après l’été brûlant et ses enchantements,
L’automne approche ; alors, les oiseaux qui se turent
S’apprêtent à quitter le climat inclément.
Pendant que les humains sont tristes, qu’ils s’ennuient,
L’oiseau, fuyant devant le souffle de l’hiver,
Vers des pays lointains, sans brouillards et sans pluies,
S’en va jusqu’au printemps, en survolant la mer.