Le bon grain et l’ivraie

publicat in Parole de l'Évangile pe 2 Décembre 2017, 04:27

La Sagesse divine nous enseigne la patience et le discernement (Mt 13, 24-30 et 36-43)

Pour Élie et Victor

Cette parabole est tellement célèbre qu’elle fait partie de la « culture universelle », comme celle du Bon Samaritain. Elle est lue le dimanche en Occident (le 5après l’Épiphanie dans l’ancien rite romain et le 4e après la Théophanie dans le rite des Gaules restauré), mais jamais en Orient. Situons-la d’abord dans l’Évangile selon saint Matthieu, qui est le seul à la rapporter, pour voir dans quel contexte le Seigneur l’a racontée. Le Christ est vers le milieu de Sa mission en Galilée, avant le martyre de Jean-Baptiste1 et, durant cette période, Il prêche très souvent en paraboles2. On est au cœur de Son apostolat : Il parcourt toute la Galilée – à pied – avec Ses disciples et prêche sans cesse, le plus souvent en paraboles, parce que c’est la pédagogie qu’Il a choisie pour parler aux « foules », au peuple (à l’exception du discours inaugural, qui avait un caractère fondamental et qui constitue la « nouvelle Loi »). Nous ne revenons pas ici sur la signification de ce mode de prédication, car nous en avons parlé souvent, et nous renvoyons nos lecteurs à l’exégèse de la Brebis perdue3.

Il faut remarquer que beaucoup de ces paraboles sont à caractère agricole (ce qui était à la fois adapté à l’auditoire et riche en symboles), dont notamment la parabole fondamentale du « Semeur », qui servira de modèle et que le Seigneur prendra soin d’expliquer à Ses apôtres4. Celle du Bon grain et de l’ivraie suit immédiatement, et nous pouvons même estimer qu’elle constitue une sorte de complément. Le Christ en expliquera aussi le sens à Ses disciples, mais cette explication sera un peu différée : la parabole est suivie de celles du Grain de sénevé (Mt 13, 31-32) et du Levain dans la pâte (Mt 13, 33) ; puis saint Matthieu rapporte la prophétie du roi David du Ps.77 [He 78], 2 (« J’ouvrirai la bouche pour parler en paraboles, je proclamerai des choses cachées depuis la fondation du monde »). Après, seulement, le Seigneur prend Ses disciples à part et leur explique la parabole de l’Ivraie, comme Il l’avait fait pour celle du Semeur5, car il fallait que Ses apôtres soient initiés à la mystagogie des paraboles pour pouvoir proclamer l’Évangile dans le monde entier. Là, le Christ forme les formateurs. Ce sont les deux seules paraboles qu’Il expliquera à Ses disciples (et à nous, par les Apôtres) : Il nous apprend donc une méthode.

Après leur avoir expliqué celle du Semeur, « Jésus leur proposa une autre parabole » qui, comme celle du Semeur et toutes les autres, concernait le Royaume des Cieux (« Le Royaume des Cieux est semblable à … ») : il semble qu’Il ne s’adresse ici qu’à Ses disciples (toutefois au verset 26, saint Matthieu nous dit « qu’Il renvoya la foule et entra dans la maison » [à Capharnaüm]). L’expression utilisée par saint Matthieu est intéressante : Il leur « proposa » une autre parabole… Dieu n’impose pas et ne s’impose pas : Il propose et Se propose. Le Christ n’est pas un « gourou » qui veut capter son auditoire par de belles paroles et son art oratoire : Il « propose », ce qui signifie que Ses auditeurs demeurent libres et doivent faire l’effort de recevoir ce qui leur est proposé ; ils doivent aussi faire l’effort de réfléchir, pour en comprendre le sens. Ainsi les gens pourront assimiler la Parole et la mettre en pratique, conquérir ce qui leur a été donné gratuitement6.

Dans la parabole du Semeur, il n’y avait qu’un semeur, le Christ, envoyé par Son Père pour ensemencer spirituellement le monde par Sa parole : les choses étaient simples. Ici, le Seigneur aborde un problème beaucoup plus difficile au plan spirituel, car il y a deux semeurs, le Christ et Satan.

L’ « homme qui sème une bonne semence dans son champ », c’est Dieu : c’est précisément ce que le Christ est en train de faire. La semence est Sa parole (cf. celle du Semeur), mais aussi – comme Il l’expliquera ensuite à Ses disciples, « ce sont les fils du Royaume », c’est-à-dire les fruits de Sa parole –semence. Le champ, c’est le monde [le monde déchu], mais il peut aussi symboliser notre âme. Et Dieu œuvre en plein jour, en pleine lumière, lorsque les gens sont éveillés et actifs, donc pleinement conscients. Le simple fait que Dieu sème ainsi signifie qu’il veuille récolter des fruits, c’est-à-dire nous voir déifiés.

« Or, comme les gens dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla ». Le Christ nous donne d’abord une précision sur le type de semence semée par le Semeur divin : il s’agit du blé, qui est la céréale la plus riche, d’un très haut rendement, qui était une des nourritures paradisiaques (« toute herbe portant semence »7 – Ge 1, 29) et qui est un symbole du Christ (« si le grain de blé ne meurt, il ne porte pas de fruit » – Jn 12, 24 : c’est le Christ qui donne Sa vie pour nous). Et c’est ce blé qu’Il utilisera pour instituer l’Eucharistie (le pain), la nourriture de l’immortalité. L’ennemi du Semeur divin est « le diable » (et ses anges) c’est-à-dire le « diviseur »8, qui est aussi « le menteur et le père du mensonge » (Jn 8, 44) : il sème la nuit, parce que ses œuvres sont mauvaises, et lorsque les hommes sont inconscients, pendant leur sommeil, pour pouvoir les tromper. L’évêque Jean de Saint-Denis fait remarquer que cette « nuit » représente aussi – pour nous – l’inattention, qui survient souvent après avoir accompli une bonne œuvre, car on est alors en repos, en relâche9. Il rejoint saint Jean Chrysostome qui dit : « la semence se perd ici par le sommeil », c’est-à-dire par le manque de vigilance10. Et le diable sème derrière Dieu, après Lui, dans un champ qui ne lui appartient pas : il sème par effraction, comme un voleur. Que sème-t-il ? De l’ivraie, c’est-à-dire une mauvaise herbe11, qui est une graminée ressemblant au blé, mais vénéneuse. Saint Jean Chrysostome fait une remarque pertinente : « c’est l’artifice ordinaire du démon de mêler le mensonge à la vérité ». Ce n’est qu’au moment de la maturation des épis qu’on parvient à distinguer le blé de l’ivraie, ce qui confirme un autre précepte du Christ : jugez l’arbre à ses fruits (Mt 7, 15-20). Il y a donc un temps long entre la semence et la formation des épis (plusieurs mois12). Notons ici que le Seigneur nous donne déjà un enseignement important, souligné par l’évêque Jean : « les bonnes et les mauvaises herbes poussent ensemble ». Cela vaut pour le monde, comme pour notre âme : ne nous voilons pas la face !

Le Christ sème la vie, l’amour et la beauté ; Satan sème la mort, la haine et la laideur. Le blé et l’ivraie se ressemblent parce cela permet au diable de nous tromper, et aussi parce qu’il ne peut rien « créer », inventer : il ne peut que copier le Maître, singer Dieu.

Les « serviteurs du Maître », c’est-à-dire les anges, constatent le problème et en rendent compte à Dieu, en s’étonnant qu’il puisse y avoir de l’ivraie, puisque « Tu as semé une bonne semence dans Ton champ ». Ils ne comprennent pas, parce qu’ils sont exacts spirituellement et se tiennent constamment dans l’obéissance à Dieu, ignorant le mal13. Le Maître leur explique : « c’est un ennemi qui a fait cela ». C’est un grand enseignement pour nous, car le fait que puissent exister parmi les esprits célestes, et donc – en principe – autour du trône de Dieu, des ennemis, signifie que les anges sont des personnes libres (Satan vient se présenter devant Dieu avec les fils de Dieu [les anges] et dialogue avec Dieu, dans le livre de Job – Jb 1, 6). La réaction spontanée des anges ressemble à la nôtre : « Veux-Tu que nous allions l’arracher ? ». Les anges demandent à Dieu la permission de le faire, parce qu’ils ne font rien d’eux-mêmes : ils font ce que le Saint-Esprit leur inspire, c’est-à-dire ce que le Père céleste veut. Nous aussi, lorsque nous sommes témoins du « mal » – que nous en souffrions ou non – nous voudrions bien qu’il disparaisse immédiatement : nous sommes pour des solutions expéditives.

Mais la Sagesse divine n’agit pas ainsi : « Non, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé… », ce qui ferait perdre toute la récolte. D’ailleurs, cela correspond à ce que faisaient les agriculteurs palestiniens, selon les savants : ils arrachaient les mauvaises herbes, mais pas l’ivraie, parce que les deux semis – blé et ivraie – étaient trop mélangés, trop imbriqués les uns dans les autres (le terme utilisé par le Christ est « déraciner », ce qui correspond à cela), ce qui est souvent aussi l’état de nos âmes…

Puis, Il indique le vrai remède : « laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson… ». La moisson est le jugement divin, jugement personnel après la mort de chaque personne, jugement universel [concernant toute l’humanité] lors du Deuxième Avènement du Christ. Et là, « Je dirai aux moissonneurs : arrachez d’abord l’ivraie et liez-la en gerbes pour la brûler14… Le Christ explique ensuite aux disciples : « le Fils de l’Homme enverra Ses anges, qui arracheront de Son Royaume tous les scandales15 et ceux qui commettent l’iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise ardente où il y aura des pleurs et des grincements de dents » : les « boucs » mis à la gauche par le Juste juge seront jetés par les anges dans l’enfer éternel16, qui est le feu de l’amour divin, refusé par ceux à qui il était offert. « ….mais amassez le blé dans mon grenier » : les anges conduiront les « brebis » dans le Royaume de Dieu, l’Église céleste. Le Seigneur explique : « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père », c’est-à-dire qu’ils seront déifiés.

Le Christ nous initie à la Sagesse divine. Dieu est « économe » : Il laisse à l’Homme le temps de changer, en respectant sa liberté, sans intervenir directement dans nos vies, ni dans l’histoire humaine (à quelques exceptions près) ; Il nous fait confiance. Mais cela est très difficile pour nous : il nous est difficile de coexister avec le mal, difficile d’attendre (la patience est divine)…

Au-delà de l’enseignement évident de la parabole, qui a un caractère de jugement, on peut y voir une autre signification, que le Seigneur ne pouvait pas dévoiler au début de Sa mission, ni dans cette parabole-là, mais dont Il parlera ensuite dans d’autres paraboles, et qui relève de la miséricorde divine. Comme le souligne l’évêque Jean, le champ représente aussi l’âme humaine, dans laquelle coexistent souvent des richesses et des pauvretés, des qualités et des défauts, des vertus et des vices, les premières ayant été semées par le Saint-Esprit et les seconds par Satan : « Le Christ nous enseigne que, si nous arrachons les mauvaises herbes avant le temps, nous commettons un acte imprudent. Il en est de même pour notre âme et notre prochain : il ne faut jamais retirer l’ivraie avant le temps, de crainte de déraciner les dons divins »9.

Ajoutons que le Christ nous enseigne souvent à ne pas désespérer et à lutter. Ce long temps entre l’ensemencement et la fructification peut permettre aussi le changement, par le repentir. Il n’est pas interdit de penser que, s’il ne faut pas prendre le risque d’arracher l’ivraie, on peut aussi espérer que l’ivraie s’atrophie d’elle-même, que le blé prenne de plus en plus de place, qu’il croisse plus vite et plus abondamment au point qu’il n’y ait plus de place pour l’ivraie : « Il faut d’abord fortifier l’homme intérieur : plus la vie spirituelle en Christ augmentera, et plus le mal séchera, arraché par la main des anges »9. Il me semble qu’on peut voir en filigrane, dans cette parabole, la miséricorde divine. Rappelons-nous du « Fils prodigue », qui se convertit à cause de la souffrance (Dieu a attendu patiemment, Son fils cadet a vu que les fruits de son âme étaient mauvais : alors il s’est repenti), ou du « Publicain » de la parabole, qui est justifié parce qu’il se repent, ou même de la Samaritaine, dont la conduite non conforme à la Loi est rachetée par sa foi en Jésus-Christ. Même la réponse du Christ à Ses apôtres désemparés, après le retrait du Jeune Homme riche (« qui donc peut être sauvé » ? Mt. 19, 25) : « Les choses impossibles pour les hommes sont possibles pour Dieu » – Lc 18, 27) va dans ce sens.

Lorsque les hommes ne veulent pas tenir compte de cette sagesse divine, ils peuvent commettre des erreurs dramatiques. Face aux différentes ivraies qui poussent dans le monde – et même, parfois, dans l’Église – on voit souvent se lever des réformateurs ou des révolutions qui veulent « éradiquer » le mal et « purifier » la société avant le temps : ils provoquent en général des catastrophes et leurs remèdes sont pires que le mal. Citons, par exemple, dans le domaine religieux les réformes – animées de bonnes intentions – de Grégoire VII, qui ont détruit en Occident les principes de l’Église indivise du 1er millénaire (la conciliarité, l’esprit patristique, la sagesse de conserver un clergé marié, l’équilibre entre Dieu et César…) et des Protestants, qui ont perdu deux richesses inestimables : la prêtrise et la Tradition. En ce qui concerne le monde, citons les Révolutionnaires français, et les Communistes, qui voulaient purifier et sauver la société, et qui ont commis les plus grands crimes de l’histoire humaine et laissé un champ de ruine.

On se rend compte, en scrutant le contenu de cette courte parabole, que chaque terme utilisé par le Christ a un sens spirituel très fort : chaque terme est un diamant dans un fleuve de grâce. Par ailleurs, la seconde partie du commentaire nous rappelle que nous ne devons pas nous focaliser sur une seule parabole, ni l’extraire de son contexte : nous devons toujours prendre en compte la totalité de l’Évangile, c’est-à-dire de l’enseignement du Christ. Les pensées divines sont antinomiques, comme l’est Dieu Lui-même.

P. Noël TANAZACQ, Paris

Notes :

1. Certains biblistes pensent que le Christ serait mort sur la croix le vendredi 7 avril 29. Saint Jean-Baptiste aurait eu la tête tranchée, dans la forteresse de Machéronte (où Hérode Antipas l’avait fait emprisonner) vingt mois plus tôt, c’est-à-dire en juillet 28.
2. Dans la « Synopse des Quatre Évangiles » de Benoît et Boismard (de l’École Biblique de Jérusalem), qui est un instrument de travail remarquable, les auteurs ont intitulé cette période simplement « Discours en paraboles », parce qu’il n’y a pas d’événements marquants et qu’elles en constituent l’essentiel.
3. La Brebis perdue et retrouvée : Apostolia n° 112-113 de juillet-août 2017 : voir en particulier p.4.
4. La parabole du Semeur est, évidemment, rapportée par les trois Synoptiques (Mt 13, Mc 4 et Lc 8). Nous l’avons commentée dans Apostolia n° 30 de sept. 2010.
5. Mais, lors de la parabole du Semeur, ce sont les disciples eux-mêmes qui Lui avaient demandé pourquoi Il parlait en paraboles : le Christ avait fait alors un long discours avant d’expliquer la parabole. Ici, ils Lui demandent directement : « explique-nous la parabole de l’ivraie des champs ».
6. Il faut avoir conscience du fait que, nous les Chrétiens – toutes les générations de Chrétiens depuis 2000 ans –avons à faire exactement le même effort que la foule des Juifs du 1er siècle qui écoutait le rabbi Jésus de Nazareth, à la seule différence que nous pouvons les relire souvent. Toutefois, lorsque le diacre les proclame dans la Liturgie – surtout le dimanche –c’est le Christ qui parle, qui nous parle : nous revivons l’évènement.
7. Tandis que les animaux ne reçurent que « l’herbe verte » (Ge 1, 30). L’ « herbe portant semence », c’est-à-dire les céréales et en premier lieu le blé, est la nourriture de l’Homme (avec les fruits des arbres, sauf de celui de la connaissance du bien et du mal). Rappelons que le terme grec pour semence est sperma (sperme), qui est le symbole même de la fécondité.
8. « Diable », du grec diabolos, qui vient du verbe diaballô : jeter entre, séparer, diviser. Il signifie : le diviseur, le calomniateur, l’accusateur, le médisant…C’est Satan, le chérubin déchu.
9. Évêque Jean de Saint-Denis : homélie pour le 5e dimanche après la Théophanie, 10 février 1957.
10. Saint Jean Chrysostome : Homélie 46 sur saint Matthieu, Éd. Artège, 2012, p. 289.
11. L’ivraie : zizania en grec [qui donnera en français « zizanie », division], est une plante vénéneuse (nom latin : lolium temulentum, ivraie enivrante), qui enivre, un peu comme une drogue (le terme « ivraie » vient de cette propriété) et peut provoquer des empoisonnements. Elle est la seule graminée qui ait des propriétés malfaisantes. Lorsqu’elle pousse, elle ressemble au blé, et il est très difficile de l’identifier : on ne peut le faire que lorsque l’épi se forme [il y a une gravure d’ivraie dans la Bible polyglotte de Vigouroux, T.VII, les Évangiles, p.63].
12. En Palestine le blé était semé en hiver (en novembre-décembre) et récolté au printemps (mai-juin) : il y avait donc environ 6 mois entre les semailles et la récolte. 
13.  Les anges n’ont pas conscience du mal, parce qu’il leur est totalement étranger. Seuls les anges déchus – les démons –en ont conscience, parce qu’ils l’expérimentent et sont en situation de mort spirituelle, confrontés au mystère vertigineux du non-être. L’Homme aussi en a l’expérience, pour les mêmes raisons. Cf. cette phrase étonnante du Christ, lorsqu’Il raconte la parabole de l’Économe infidèle et avisé : « Car les enfants de cet éon [les hommes déchus] sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière [les anges] » – Lc 16, 8.
14. C’était le cas pour l’ivraie physique : les paysans palestiniens la ramassaient et la brûlaient, parce qu’elle était vénéneuse et bonne à rien.
15. En grec skandala signifie pièges, obstacles, occasions de chute, pierres de scandale….Ce ne sont pas seulement les pécheurs qui seront jetés hors du Royaume mais aussi leurs œuvres ; on pourrait presque dire : toutes les impuretés et laideurs du monde déchu. Cette œuvre est accomplie en premier, parce qu’il s’agit d’une purification du monde, de la Terre, car le Royaume céleste est appelé à devenir aussi terrestre. Saint Jean Chrysostome dit qu’on ne récolte pas en même temps les bons et les mauvais fruits pour ne pas mélanger le bien et le mal et « pour ne pas effrayer les bons ».
16. Le Christ s’exprime ainsi lorsqu’Il fait la prophétie du Jugement dernier (Mt 25, 31-32 et 41)