Dieu et César

publicat in Parole de l'Évangile pe 2 Novembre 2017, 20:52

La charte des bonnes relations entre l’Église et l’État (Mt 22, 15-22 ; Mc 12, 13-17; Lc 20, 20-26)

Le Christ aborde rarement les questions liées à la cité terrestre car Sa préoccupation unique est de ramener les Hommes dans la cité céleste, le Royaume de Son Père, sauf lorsqu’on Le questionne à ce sujet. Alors, Il n’élude pas et répond. Mais Ses réponses ferment la bouche de Ses interlocuteurs et sont sans appel. C’est exactement ce qui se passe ici, mais en rappelant qu’on Lui tend un piège.

 

Cet Évangile, qui est très important pour l’histoire terrestre des hommes et de l’Église, est lu en Occident, chez Saint Matthieu, le 22e dimanche après la Pentecôte (ancien rite romain et rite des Gaules restauré), mais jamais un dimanche en Orient. Il est rapporté par les trois Synoptiques et a été souvent commenté par les Pères de l’Église, notamment par saint Éphrem le Syrien, saint Hilaire de Poitiers, saint Jean Chrysostome et saint Ambroise de Milan, mais pas toujours de façon pertinente – à l’exception de saint Jean Chrysostome – ainsi que par l’évêque Jean de Saint Denis1, qui en a très bien perçu le contenu spirituel et à qui nous emprunterons des éléments d’exégèse.

Dans quel contexte a lieu cette joute verbale, qui est en fait un combat spirituel ? Elle se passe juste après l’entrée messianique « du prophète Jésus de Nazareth »2 à Jérusalem (le lendemain, pour ce qui est rapporté dans cette péricope) et avant Sa condamnation à mort par le Sanhédrin3 et la Sainte Cène. Cette courte période fut une des plus douloureuses – au plan moral et intérieur – pour le Christ, pendant Sa mission terrestre, tant Il fut accablé de reproches et d’attaques verbales par ceux qu’Il avait institués prêtres et juges. Les membres du Sanhédrin sont tellement furieux que le rabbi Jésus de Nazareth – le plus célèbre rabbi d’Israël – ait été acclamé comme Messie par la foule, qu’ils vont l’attaquer frontalement pendant ces quelques jours, à Jérusalem même, et dans le Temple, dans le but de découvrir une « faille » qui leur permettrait de Le livrer aux autorités romaines.

Le lendemain des Rameaux, Jésus se rendit au Temple pour prêcher et Saint Marc nous précise : « Les grands prêtres, les scribes et les anciens » [c’est-à-dire les membres du Sanhédrin] viennent questionner Jésus dans le Temple (cf. note 6). Comme Il leur a fermé la bouche, peu après «…les Pharisiens tinrent conseil en vue de Le piéger sur quelques paroles. Ils envoyèrent auprès de Lui de leurs disciples, avec des Hérodiens4 » (Mt 22, 15-16 ; Mc 12, 13). Saint Luc est plus incisif : « S’étant mis aux aguets, ils envoyèrent des espions jouant hypocritement les justes pour Lui tendre des pièges et saisir de Lui quelque parole afin de Le livrer au pouvoir et à l’autorité du gouverneur » (Lc 20, 20). Il est clair qu’il y a un complot contre Jésus, qui est très bien monté, car ceux qui Le combattent appartiennent à deux clans opposés, les grands prêtres et les Hérodiens en faveur du pouvoir politique, les Pharisiens en faveur du pouvoir religieux. Selon leurs calculs, le Christ devait obligatoirement tomber dans le piège…

Avec beaucoup d’hypocrisie5, ils commencent par Le louer (en pensant Le flatter, ou, à défaut, en espérant endormir Sa vigilance) : « Maître, nous savons que Tu es véridique et que Tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité sans T’inquiéter de personne car Tu ne regardes pas à l’apparence des hommes » [ce qui est vrai, mais ils n’en pensent rien, car ils Le haïssent]. Après cette flatterie, ils posent une question-piège, qui est redoutable : « Est-il permis ou non de payer l’impôt à César ? ». Si le Christ répond « oui », Il sera considéré comme un ami des idolâtres, un transgresseur sacrilège de la Torah, et rejeté d’Israël. Si le Christ répond « non », Il sera considéré comme un ennemi du pouvoir romain et livré au Gouverneur. Mais, par ailleurs, cette question est importante et « éternelle » : elle se pose à nous depuis notre exclusion du jardin d’Éden et la création d’une cité et d’une société terrestres, parallèlement à l’apparition de « religions », qui vont s’efforcer de retrouver un lien avec le Ciel perdu, et se posera à tous les hommes jusqu’au retour du Christ en gloire. C’est probablement pour cela que le Christ acceptera de répondre, car Il aurait très bien pu refuser de répondre comme Il venait de le faire, juste avant, en refusant de dire par quelle autorité Il avait chassé les marchands du Temple6. Mais Il savait que l’Église en aurait besoin. 

Avant de répondre, Il va leur montrer qu’Il n’est pas dupe : « Mais, connaissant leur malice, Jésus dit : pourquoi me mettez-vous à l’épreuve7, hypocrites ? ». Puis, comme Il le fait souvent, le Seigneur part d’un élément concret, matériel, objectif : « Montrez-moi la monnaie de l’impôt». La monnaie est par excellence un objet régalien : elle porte l’effigie de l’empereur qui l’émet, ainsi que son nom (c’est ce qui lui donne un cours légal). « Ils Lui présentèrent un denier8 ». Alors Il dit : « de qui est cette effigie et l’inscription ? ». Et ils sont bien obligés de répondre ; « de César ». Lorsqu’on disait « César » dans l’Antiquité romaine, cela signifiait : l’empereur. Jules César, à la fin de la République romaine, avait voulu devenir empereur, mais n’y avait pas réussi (il avait été assassiné avant). Son fils adoptif, Octave, finit par prendre le pouvoir et devenir « Auguste », nom qui ensuite désignera les empereurs. Mais ce dernier conservera dans sa titulature impériale le nom de César, pour rappeler d’où il tenait son pouvoir (« César Auguste »). Et ses successeurs feront de même. Dans la tradition et dans l’imaginaire des peuples d’Occident, « César » deviendra le nom générique des empereurs et des rois9. En l’occurrence, ici, il s’agit probablement d’une monnaie de Tibère (Tiberius Julius Caesar)10. Pour bien comprendre l’enjeu religieux de cet affrontement, il faut rappeler que les empereurs romains – qui étaient païens et adorateurs des idoles – seront divinisés à leur mort, ce qui, pour un Juif pieux, était le comble du sacrilège11. On guette le Christ.

« Alors, Il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Ce logion divin est parfait par nature, parce qu’il est une parole sortie de la bouche même de Dieu – le Logos – mais il est plus difficile à comprendre qu’il n’y paraît et il faut l’expliciter. Toutes les révélations du Christ – Son Évangile – s’adressent aux Juifs de Palestine du 1er siècle, mais aussi à toutes les générations humaines, sur toute la terre. Les termes qu’Il utilise sont donc simultanément concrets, réels, accessibles à tous Ses contemporains, mais aussi symboliques, prophétiques et initiatiques.

Au plan concret et ecclésiologique, la signification est précise : la monnaie de l’empereur, battue par lui, vous est utile et apporte des bienfaits (pour la vie matérielle, économique, sociale…) et vous devez lui en rendre une partie (l’impôt, le tribut) : c’est juste. Admirons ici l’humilité divine et le respect que Dieu a de la liberté de l’Homme (car, en fait, et César et sa monnaie appartiennent à Dieu, comme toute la création).

Mais Il ajoute : vous-mêmes, Hommes, vous êtes des monnaies vivantes [la drachme perdue etretrouvée], parce que vous êtes l’image de Dieu : vous devez rendre à Dieu ce que vous avez fait fructifier de ce trésor (cf. la parabole des talents), c’est-à-dire une âme ressemblante à Lui, en devenant parfaits comme votre Père céleste est parfait, et Lui offrir votre cœur, pour qu’Il puisse en faire Son temple, Son habitant éternel. Ainsi vous serez conformes à ce que Nous – la Divine Trinité – avons posé en vous créant, à savoir relier la Terre au Ciel, la créature au Créateur, l’Homme à Dieu. Vous serez aussi conformes au modèle parfait que Je suis, Dieu et Homme.

Cela signifie qu’on ne doit pas mélanger les plans (chaque chose à sa place), avoir une hiérarchie de valeur, et ne pas mépriser ce qui est petit (César est moins important que Dieu). Nous pouvons aussi y voir une illustration de ce que le Seigneur avait dit dans la parabole des talents (« Bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup »). Ce précepte divin constitue la charte des bonnes relations entre l’Église et l’État, entre l’Église et la société, que l’on peut résumer par : loyauté et liberté. Les premiers Chrétiens en sont le modèle : ils obéissaient à l’empereur, bien qu’il les persécutât, et priaient pour lui, parce qu’il était le maître que Dieu leur avait donné, sauf pour ce qui relevait de leurs rapports avec Dieu (La Divine Trinité), mais ils prenaient la liberté de lui dire qu’il avait tort de les persécuter. L’Église doit faire de même avec l’État.

Au plan spirituel et prophétique, il faut expliciter les symboles. « César » est le symbole du pouvoir terrestre (les « rois », qui ont un caractère sacré, ainsi que tous les pouvoirs terrestres), et aussi de tous les aspects de la vie terrestre, du corps de l’Homme, de la matière… « Dieu » représente bien entendu Dieu Lui-même – la Divine Trinité – et aussi tout ce qui est religieux et spirituel, tout ce qui est en lien direct avec Lui : l’ancienne Alliance, la nouvelle Alliance naissante – l’Église – et l’âme de l’Homme. Cela signifie : rendez ce qui est matériel et physique à la société et à votre corps, et ce qui est spirituel à l’Église et à votre âme12. Ne méprisez ni l’un ni l’autre car tout a été voulu et créé par Dieu. Chaque chose a sa valeur mais à sa place. Lorsqu’on méprise l’un ou l’autre, il y a des déséquilibres, des hérésies, des maladies, et lorsqu’on confond l’un et l’autre, c’est encore plus grave : il y a alors des désordres profonds, des conflits, des guerres, des génocides. Citons, entre autres, deux cas historiques de déviances qui ont produit des drames.

Il est arrivé que les États aient voulu prendre la place de l’Église, c’est-à-dire de Dieu, et se faire adorer à la place de Dieu, ce qui signifie qu’on devait alors rendre à César ce qui appartenait à Dieu. C’est arrivé pendant la Révolution française, sous la 1ère République (1792-95), et pendant la Révolution bolchévique, sous le régime communiste qui prit le pouvoir en Russie en 1917 : cela produisit des conflits tragiques, des guerres civiles et extérieures et des génocides ; ce fut la terreur et un bain de sang. On ne peut pas rendre à César ce qui appartient à Dieu : c’est un sacrilège. On ne peut pas donner son âme à l’État.

Mais il y a eu aussi l’inverse, lorsque l’Église a voulu prendre la place de César et se faire rendre – à elle qui représentait Dieu – ce qui appartenait à César. Ce fut le cas au 11e siècle en Occident, lorsque le pape de Rome Grégoire VII prétendit que le pouvoir des empereurs et des rois venait de l’Église et qu’ils devaient être soumis à l’Église [de Rome]13. C’était une hérésie parce qu’en contradiction avec l’enseignement du Christ. Elle produira des conflits entre la papauté romaine et les empereurs germaniques (et les rois) pendant plusieurs siècles, qui aboutiront à une révolte des rois et de leurs peuples avec la Réforme Protestante, suivie de guerres civiles et religieuses (les « guerres de religion ») et de grandes violences (massacres, destructions et sacrilèges). Les papes de Rome, qui seront vaincus (in fine au 19e siècle), avaient oublié la tradition chrétienne de l’Église indivise – catholique orthodoxe – du premier millénaire, initiée par l’empereur Constantin14 et perpétuée par les empereurs romains d’Orient, à savoir que le pouvoir de l’empereur et le pouvoir du patriarche étaient différents et provenaient tous deux de Dieu15. Il est intéressant de constater que l’échec de cette erreur théologique de l’Occident suivra de peu la disparition de l’Empire romain d’Orient, tombé sous les coups de l’Islam16. Cette catastrophe spirituelle universelle a une certaine analogie avec la chute d’Adam et Ève, qui avaient commis la faute d’être désunis, ce qui permit à Satan – caché dans le serpent – de tromper Ève. Si l’Occident chrétien avait conservé la tradition évangélique, il aurait porté secours à l’Orient chrétien qui n’aurait point été anéanti par ceux qui haïssaient la Croix et la divinité du Christ. L’Occident et l’Orient sont complémentaires et leur désunion a produit une catastrophe dont nous souffrons encore.

La réponse du Christ est tellement déconcertante et nouvelle que Ses contradicteurs restent sans voix, bouche cousue : ils se taisent et partent. Ils n’ont pas cherché à en savoir plus et n’ont pas demandé au rabbi de Nazareth d’expliciter, de préciser Sa pensée. En fait, la vérité ne les intéressait pas : ils étaient seulement venus pour Le combattre et Lui nuire. Mais ils n’en resteront pas là et ne désarmeront pas : d’autres viendront poser au Christ des questions difficiles en vue de Le perdre. Il y a dans l’Homme déchu un étrange entêtement dans le péché qui le fait ressembler aux démons et à Satan. Quelle souffrance pour Dieu !

Mais, à la fin de cette terrible épreuve morale, intérieure, le Christ prophétisera la destruction de Jérusalem et du Temple17, la fin des temps et Son retour en gloire.

Le Christ est vainqueur ! Alléluia !

Père Noël TANAZACQ

Notes :

1. Eugraph Kovalevsky (1905-1970), devenu évêque Jean de Saint-Denis (1964-1970). Homélie pour le 22e dimanche après la Pentecôte, 29 octobre 1955. Dactylographiée, inédite.
2. C’est ainsi que la foule l’acclame, en Mt 21, 11.
3. En Mt 26, 4, Mc 14, 1 et Lc 22, 2. Mais, d’après Saint Jean, la décision de tuer Jésus avait été prise un peu plus tôt, lors de la Résurrection de Lazare (Jn 11, 53).
4. Les Hérodiens : partisans d’Hérode Antipas, fils d’Hérode dit « le Grand », qui est un roitelet juif (en fait iduméen), vassal des Romains et régnant sur la Galilée. Son père avait réduit les « grands prêtres » à peu de chose, en en changeant souvent et à son gré, d’où l’existence d’une « caste » des grands prêtres, qui était sadducéenne : ils s’en tenaient à la lettre de la Torah (rejetant la Torah orale, c’est-à-dire la tradition, qui, une fois écrite, deviendra la Mishna) et ne croyaient pas à la résurrection des morts. Hérodiens et Sadducéens étaient proches et avaient de bonnes relations avec le pouvoir politique romain, contrairement aux Pharisiens qui détestaient les Romains.
5. Ils sont d’autant plus hypocrites qu’eux-mêmes paient l’impôt à César, (à propos duquel ils vont tendre un piège au Christ), car ils n’ont pas le choix, comme le souligne saint Jean Chrysostome (Homélie 70 sur Saint Matthieu).
6. Les grands prêtres, les scribes et les anciens Lui avaient demandé « par quelle autorité Il faisait ces choses [chasser les marchands du Temple] et qui Lui avait donné cette autorité ». Le Christ avait répondu par une question : « Dites-Moi auparavant de qui venait le baptême de Jean, de Dieu ou des hommes ? » (Mt 21, 24). Comme ils n’avaient pas osé répondre, Lui-même n’avait pas répondu à leur question.
7. Le verbe grec peiradzô veut dire « mettre à l’épreuve » et « tenter ». On pourrait traduire aussi par « pourquoi Me tentez-vous ? ». C’est le même terme utilisé dans le Notre Père pour la 6e demande.
8. Le denier romain équivalait à la drachme grecque et représentait le salaire journalier d’un ouvrier. C’est avec cette petite monnaie courante qu’on payait les impôts indirects tels que les péages. Il est symptomatique que Ses interlocuteurs « juifs » en eussent dans leurs bourses : ils avaient déjà la réponse à la question ! Le but était bien de nuire au Messie.
9. Par exemple, « tsar », en russe, vient de « César ».
10. Tibère (Tiberius Julius Caesar) : fils adoptif d’Auguste et 2e empereur romain (14-37 après J-C). C’est en son nom que Pilate fera tuer le Christ.
11. Pire encore, au Bas-Empire (4e-5e s.) les empereurs se feront appeler « Dominus noster », c’est-à-dire « Notre seigneur » ! Rappelons que les Publicains étaient détestés, parce qu’ils touchaient l’argent « impur », idolâtre.
12. Nous pouvons aussi considérer in fine que la mort (la « première mort », la mort physique) correspond à ce précepte du Christ, puisque nous rendons notre corps à la terre (conformément au Jugement divin en Ge 3, 19) et notre âme à Dieu.
13. Il y avait eu un préalable dangereux au 8e s., lorsque les évêques de Rome avaient créé un État pontifical en Italie centrale (le «Patrimoine de Saint Pierre ») en s’appuyant sur un faux (la pseudo-donation de Constantin) et en passant un accord politico-religieux avec la nouvelle dynastie carolingienne (Pépin le Bref, puis Charlemagne). Ils avaient oublié cette parole du Christ : « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Ils entreront ensuite dans la hiérarchie féodale et auront des ambitions territoriales ainsi qu’une armée. Pour se libérer de la tutelle des empereurs, Grégoire VII affirmera que le pouvoir du pape (c’est-à-dire de l’Église) est supérieur à celui de l’empereur. Mais cette thèse n’engageait que lui-même, comme tout ce qu’il avait promulgué dans ses Dictatus papae de 1075 et qui n’avait été ni discuté ni décidé dans un concile. Dès l’instant où les papes de Rome étaient devenus « Césars », ils avaient enfreint le principe du Christ cité ci-dessus, et ils seront amenés naturellement à enfreindre celui qui est le thème de cette exégèse.
14. Constantin (312-337), bien que catéchumène jusqu’à la fin de sa vie, avait une vision chrétienne de la société et de l’Empire : il se considérait comme « l’évêque du dehors » chargé de la cité terrestre tandis que le Patriarche (et les autres évêques) était l’évêque du dedans, chargé des âmes et de la cité céleste. C’était une vision chrétienne du pouvoir, conforme à l’Évangile, même s’il y eut parfois des dérapages (notamment lorsque les empereurs défendront des thèses hérétiques) et elle durera jusqu’à la fin de l’empire romain (472 en Occident, et 1453 en Orient, sous la forme de l’Empire byzantin).
15. C’est ce qui est clairement exprimé dans le drapeau de l’Empire byzantin avec l’aigle à deux têtes : ce symbole signifie que les deux pouvoirs – celui de l’empereur et celui du patriarche – viennent de Dieu. Ils coopèrent – unis par la même foi – mais sont distincts, l’empereur devant veiller à la sécurité de l’Empire et au bien matériel du peuple et le patriarche au bien des âmes et à leur salut.
16. L’Empire byzantin disparaît au 15e s. avec la prise de Constantinople en 1453 par les Turcs musulmans ; le protestantisme apparaît, en Occident, au début du 16e s., en 1537 : il signifie la fin des prétentions hégémoniques universelles de l’Église romaine.
17. Le Temple avait été construit par Salomon (puis reconstruit par Zorobabel et surtout par Hérode) pour accueillir le Messie. A partir du moment où Israël et Jérusalem rejetaient Jésus en tant que Messie, le Temple ne servait plus à rien : il sera donc détruit, de même que Jérusalem, déchue de sa sainteté. Il est significatif que le Christ prophétise Son avènement (le second et définitif) dans la même prophétie.