publicat in Page des enfants pe 16 Avril 2016, 07:35
Ce texte est écrit par la moniale Sofia à partir de sources russes et françaises variées. Parmi les françaises nous pouvons citer : Le Grand Carême de père Alexandre Schmemann, édité par l’Abbaye de Bellefontaine, le Synaxaire de père Macaire du mont Athos, l’Échelle Sainte de saint Jean Climaque, édité également par l’Abbaye de Bellefontaine et le Nouveau Testament, traduit par Louis Segond.
Le Grand Carême est un temps spécial donné par l’Église, pour se souvenir de tout ce qui concerne la création de l’homme par Dieu et ce qui s’est passé à la suite de cette création. Dieu a créé l’homme par Amour. Par compassion, c’est-à-dire par un amour infini qui tient compte de cette erreur, le Fils de Dieu est descendu du ciel, Il a habité le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme pour nous. Ceci lui a permis de nous montrer le chemin vers le ciel. Ce chemin nécessite de s’humilier, de se repentir, de jeûner.
Cette année, le Grand Carême a commencé le lundi 14 mars ; sept semaines avant Pâques, dont la date est fixée selon un calcul chronologique qui utilise la lune et l’équinoxe du printemps : le 21 mars, le jour a une durée aussi longue que la nuit.
Le dimanche 20 mars, l’Église a célébré le Triomphe de l’Orthodoxie qui concerne la vénération des saintes icônes. C’est historique : la Victoire sur ceux qui détruisaient les icônes a été fêtée en ce dimanche. On était en 843.
Le dimanche 27 mars, l’Église a célébré la mémoire de saint Grégoire Palamas. Au quatorzième siècle, l’Église a condamné les ennemis du saint évêque et a approuvé ses enseignements. Ce fut considéré comme un second triomphe de l’Orthodoxie que l’Église décida de fêter tous les ans, le deuxième dimanche de Carême.
Nous arrivons en ce mois d’avril 2016. Nous sommes déjà au cœur du Carême, ce qu’on appelle la mi-Carême.
Le dimanche 3 avril est le troisième dimanche de Carême. Ce dimanche est consacré à la vénération de la Croix. Pendant l’Office des matines de ce jour (les matines sont un office communautaire célébré avant le lever du jour), la croix est portée en une procession solennelle jusqu’au centre de l’église où elle restera durant toute la semaine, afin d’être vénérée chaque jour de cette semaine. Bien qu’il s’agisse de la Croix du Christ qui a souffert pour nous, afin de nous sortir de nos erreurs, pour notre salut, c’est un thème de victoire et de joie qui est exprimé par les chants. On chante même certains chants de Pâques.
Durant le carême, nous avons devant les yeux l’image d’une montagne et nous montons vers son sommet. Cela demande un effort et entraîne une certaine fatigue. Mais plus on avance, plus on voit le sommet de la montagne et donc la fin et le but de cette montée, et plus le paysage devient beau. On aperçoit les lueurs grandissantes de Pâques. Le but de notre effort est de fêter, dans la joie, avec le Christ, sa Pâque.
Le dimanche 10 avril est le quatrième dimanche du Carême. Il est consacré à saint Jean Climaque.
Saint Jean Climaque, à l’âge de seize ans, s’est offert à Dieu, il monta sur la montagne du Sinaï. Il passa dix-neuf ans en ce lieu, en priant tout le temps, et dans un grand amour pour Dieu. Il poursuivit ensuite cette prière emplie d’amour pour Dieu durant quarante ans, dans un autre endroit du désert où avait vécu avant lui un ermite connu. Il devint un père spirituel remarquable.Il a écrit un livre spirituel très important pour guider tous ceux qui cherchent à progresser au niveau spirituel et qui s'appelle « l’Échelle Sainte ».
Le dimanche 17 avril est le cinquième dimanche du Grand Carême. En ce jour, on fête la mémoire desainte Marie l’Égyptienne.
A l’âge de douze ans, elle s’est enfuie de chez ses parents et est partie pour Alexandrie où elle a vécu dix-sept ans dans la débauche : une vie déréglée, pleine d’excès et de plaisirs. Un jour, elle est allée par curiosité à Jérusalem pour assister à l’Exaltation de la Vénérable Croix du Seigneur. Une force invisible l’a empêchée de rentrer dans l’église de la Résurrection du Seigneur pour vénérer la Croix de Jésus Christ. Se tenant à l’extérieur de l’église, blessée de ne pouvoir rentrer, elle a commencé à réaliser que c’était l’impureté de sa vie qui l’empêchait d’aller vénérer le saint Bois de la Croix. Elle a aperçu une icône de la Mère de Dieu. Elle a adressé une prière à la Mère de Dieu :
– Vierge Souveraine qui as enfanté Dieu dans la chair, je sais que je ne devrais pas regarder ton icône, toi qui es pure d’âme et de corps, car, débauchée comme je suis, je dois t’inspirer le dégoût. Mais puisque le Dieu né de toi est devenu homme pour appeler les pécheurs au repentir, viens à mon aide. Permets-moi l’entrée de l’église pour que je puisse me prosterner devant sa Croix. Et dès que j’aurai vu la Croix, je te promets de renoncer au monde et aux plaisirs, et de suivre la voie que tu me montreras pour parvenir au salut. »
Et elle a tenu ses promesses. Elle a quitté le jour même Jérusalem, a traversé le Jourdain et elle a vécu dans le désert durant quarante-sept ans. Seule à seul avec Dieu dans la prière, elle a mené dans le désert une vie très rude, surhumaine. On connaît sa vie car elle l’a racontée à un saint ancien nommé Zosime qui était allé dans le désert au-delà du Jourdain pour y passer le Grand Carême. Il a été digne, un an plus tard, de lui apporter la sainte Communion, et encore un an après, d’enterrer avec l’aide d’un lion, le corps de la sainte, dans le sable du désert. La sainte avait écrit sur le sol un message adressé à saint Zosime :
– Abba (père) Zosime, enterre à cet endroit le corps de l’humble Marie, rends à la poussière ce qui est à la poussière, après avoir prié pour moi. Je suis décédée le 1er du mois d’avril, la nuit même de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, après avoir reçu la sainte Communion.
Avec l’aide de Dieu et celui de la Mère de Dieu, sainte Marie l’Égyptienne a atteint un très haut niveau de sainteté. Saint Jean Climaque a vécu dès son enfance dans la pureté. Sainte Marie, après une vie très impure, s’est convertie et a ensuite travaillé à son salut dans des conditions exceptionnellement difficiles. Les mauvaises habitudes qu’elle avait acquises dans sa jeunesse l’ont obligée à lutter avec fermeté pendant des années avant de trouver la paix, la paix concernantson corps, la paix concernant ses pensées.
Sur les icônes on voit sainte Marie l’Égyptienne avec un corps desséché, noirci par le soleil et des cheveux blancs comme la laine. Le vêtement qui la recouvre lui a été donné par saint Zosime. Il y a des icônes de la sainte où on la voit en train de communier ; elle reçoit de saint Zosime les saints Dons. Il n’y a que deux icônes dans l’Église Orthodoxe où l’on peut contempler l’Eucharistie : celle dont on vient de parler et l’icône sur laquelle le Christ donne la communion aux Apôtres.
Le lendemain, lundi 18 avril, nous entrons dans la sixième semaine et dernière semaine du Carême. La fin des Quarante Jours est le samedi 23 avril, qu’on appelle le Samedi de Lazare. Le lendemain c’est le dimanche des Palmes ou des Rameaux. On entre alors le lundi 25 avril dans la Grande Semaine qui se situe avant la nuit de pascale. Elle se déroulera cette année entre le 30 avril et le 1er mai.
Et nous pourrons tous dire avec joie : Le Christ est ressuscité ! et répondre : En vérité, Il est ressuscité !