publicat in Icônes orthodoxes pe 11 Janvier 2016, 06:06
Le terme grec est « Galactotrophoussa » ; en slavon, on utilise le qualificatif « Mliékopitatiel’nitsa ». Bien que ce type d’icônes soit rare à cause, disent certains auteurs, « du contraste avec le hiératisme solennel des icônes byzantines », on en parle souvent dans les livres spécialisés. En langue française on trouve également les traductions suivantes : « Qui nourrit au sein » et « Nourricière ».
Les premières images de la Mère de Dieu « Qui allaite » sont d’origine palestinienne et copte1 L’icône la plus ancienne se trouvait dans la Laure de Saint Sava le Sanctifié, à dix-huit kilomètres de Jérusalem. Le saint fondateur de l’unique laure orientale prédit, au moment de sa mort, aux frères du monastère, que, « dans un avenir lointain, leur monastère recevrait la visite d’un grand archevêque, homme de Dieu, portant le même nom que lui, venu d’un pays occidental éloigné. Puis il confia à ceux qui l’entouraient son bâton épiscopal, la « paterica » ainsi que deux icônes précieuses de la Très Sainte Vierge, afin qu’ils soient remis à cet homme de Dieu, lors de sa visite ». Saint Sava le Sanctifié partit en paix vers le Seigneur, le dimanche 5 décembre 532. Sa prédiction s’accomplit plus de six cents ans après ; saint Sava de Serbie se rendit – au XIIIe siècle – (il était alors archevêque lorsqu’il fit son premier pèlerinage en Terre Sainte) en Palestine ; on lui rapporta le testament prophétique de saint Sava le Sanctifié et la laure le bénit avec cette icône2.
C’est au cours de ce même pèlerinage que saint Sava de Serbie se rendit sur l’Athos – pour la dernière fois de sa vie. Il y fut reçu en archevêque et en pèlerin. Il alla dans sa Maison du Silence et c’est là – à Karyès – que cette icône fut placée, à droite des Portes Royales. La coutume veut que l’on place les icônes de la Mère de Dieu du côté gauche des Portes Royales, mais saint Sava demanda que l’on place cette icône ancienne exceptionnelle du côté droit, à l’endroit où on a l’habitude de placer l’icône de la Sainte Trinité ou celle du Sauveur3.
Sur la Sainte Montagne l’icône de la Mère de Dieu « Qui allaite » est fêtée le 12 janvier, jour de la fête de saint Sava de Serbie4.
Une copie de cette icône a été réalisée et placée dans le skit russe du Prophète Élie sur la Sainte Montagne. Ce skit dépend du monastère du Pantocrator. C’est le skit du saint moine Païssy Viélitchkovsky.
On a peint une copie de cette icône du skit. Elle se trouve dans le monastère masculin de la Sainte Dormition d’Odessa. Elle fut glorifiée par de nombreux miracles. Elle fut apportée en Russie, du skit de Saint Élie, en 1893, par le saint moine Gabriel de l’Athos (+ en 1901). Lors d’une procession avec cette icône à Kharkov, Zadonsk, Toula, Moscou et d’autres villes, des guérisons miraculeuses s’accomplirent par son intermédiaire.
A l’heure actuelle, cette icône miraculeuse de la Mère de Dieu « Qui allaite » se trouve dans ce monastère d’hommes du patriarcat de la Sainte Dormition d’Odessa, du côté du chœur gauche de l’église principale du monastère. Sur le cadre de l’icône, il y a, sur la droite et sur la gauche, des choses saintes rares : un morceau de la Tunique du Christ Sauveur et un morceau de Celle de la Très Sainte Mère de Dieu.
Comme par le passé, de nombreux miracles s’accomplissent aujourd’hui par l’intermédiaire de cette icône :
Sur l’icône d’Odessa, qui est celle reproduite dans cet article, la Mère de Dieu est représentée en buste ; deux anges tiennent de la main droite une couronne suspendue au-dessus de Sa tête. Le Sauveur repose sur le bras droit de la Mère de Dieu. En bas de l’icône, il y a deux médaillons avec saint Nicolas le Thaumaturge et saint Jean Baptiste.
Une autre icône est devenue, en Russie, miraculeuse. Elle s'est glorifiée en 1650, dans le village de Krestogorsk, non loin de Minsk. Elle ressemble à celle du mont Athos. Elle a été trouvée au sommet d'un arbre. Une église consacrée à la Dormition de la Mère de Dieu a été construite en son honneur, à l'endroit où elle a été trouvée. L'icône a été placée au-dessus des Portes Royales et on la descendait certains jours pour la vénération des fidèles.
Une icône semblable à celle de la Mère de Dieu « Qui allaite » est fêtée le 26 décembre sous le nom de l’icône de la Mère de Dieu « Heureux le sein qui t’a porté ! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité » conformément à la Parole de l’Évangile de saint Luc 11, 27. Saint Dimitri de Rostov note dans son Synaxaire que c’est devant cette icône que le starets Isaac de Sarov donna la bénédiction à saint Séraphin de Sarov, le 26 décembre (vers 1800), afin que les femmes ne viennent pas dans son désert.
Ce même 26 décembre on célèbre la fête de l’Icône de la Mère de Dieu de Barlovsk ou du « Bienheureux sein », qui apparut en 1392. Au début du XXe siècle, cette icône se trouvait dans la cathédrale de l’Annonciation à Moscou5.
Dans un ouvrage récent sur les icônes de la Mère de Dieu au Liban, nous avons retrouvé deux de ces icônes. L’une se trouve dans l’église Saint-Georges d’Amioun, au sud-ouest de la ville. Elle a été peinte par un peintre grec, Mikhaël Eleftarios Kardali, en 1820. On a déposé auprès de cette icône le texte suivant qui est le Théotokion de l’ode 9 du Canon du Samedi des Défunts qui suit le dimanche du Fils Prodigue :
« Ton mystère dépasse l’entendement, Toute Sainte, car tu enfantes Celui qui existe avant toi, tu allaites le nourricier de l’univers, tu portes Celui qui tient le monde entier dans ses mains, le Christ, notre Unique Rédempteur. »
L’autre se trouve dans l’église Notre Dame de Hara. Il s’agit d’une petite église maronite dédiée à la Mère de Dieu, à Tripoli, au nord du Liban.
Notes :