publicat in Page des enfants pe 10 Octobre 2015, 13:50
Cette fête n’est pas une des douze grandes fêtes, mais dans nos cœurs, elle vient tout de suite après. En France, en Suisse, bien des lieux de prière lui sont consacrés. Quel sens a cette fête et pourquoi tant de lieux de prières lui sont-ils dédiés ?
Il y a, derrière cette fête, un événement important, une apparition de la Mère de Dieu ; cette vision de la Mère de Dieu s’est produite à Constantinople. Cette ville a été construite par l’empereur Constantin (qui a donné son nom à la cité) qui a été le premier de tous les empereurs romains à embrasser la foi chrétienne. C’est un port sur la Mer Noire, qui porte aujourd’hui le nom d’Istanbul, en Turquie.
Constantinople était à cette époque emplie de splendides églises. L’une d’entre elles se trouvait dans un quartier appelé les Blachernes, proche de la mer et de l’embarcadère des navires. Le nom de Blachernes est celui d’un voïvode scythe (chef d'armée souvent de la noblesse) qui a été tué à l’endroit où l’on a construit par la suite une magnifique église dédiée à la Mère de Dieu, la Vierge Marie.
En 903, Constantinople était en danger car elle devait subir l’attaque des Sarrasins. Pour demander de l’aide au Seigneur et à la Mère de Dieu, les églises se remplissaient. Un soir, un 1er octobre, on célébrait des Vigiles (office religieux qui se déroule dans la nuit, en principe, d’où son appellation) dans l’église des Blachernes. Parmi les nombreux fidèles en prière, il y avait un saint homme qu’on appelait André. Il était « Fou pour le Christ » (il s’agit d’une sainte personne qui simule la folie - pour le Christ -, tant elle aime le Christ et parce qu’elle ne veut pas montrer cet amour pour Lui. C’est une forme de sainteté difficile à vivre, aussi n’y entre-t-on que sur un appel de Dieu). Saint André était pauvre et semblait simple et idiot, mais il menait une vie austère, priait sans interruption et plaisait à Dieu par ses œuvres de charité. Auprès de lui se tenait son disciple Epiphane. Saint André priait avec foi pour le salut de la ville et de tout le pays lorsque, soudain, il aperçut une Dame majestueuse qui sortait – portée par les airs – par les Portes Royales, avec un vêtement lumineux que saint Jean Baptiste et saint Jean le Théologien retenaient de leurs mains. De nombreux saints la précédaient dans des vêtements blancs, d’autres la suivaient en chantant des hymnes et des cantiques spirituels. Quand Elle est arrivée sur l’ambon (il s’agit de l’avancée en demi-cercle de la plateforme qui prolonge le sol du sanctuaire dans l'église), saint André s’est approché d’Epiphane et lui a dit :
– Est-ce que tu vois à cet endroit la Souveraine et Reine du monde ?
– Je la vois, père, lui répondit-il.
La Mère de Dieu a prié une longue heure, prosternée à genoux, dans les airs, des larmes coulaient sur son visage à l’aspect divin et très pur. Après avoir terminé sa prière, elle s’est avancée jusqu’à l’autel où elle a prié pour le peuple présent. A la fin de sa prière, elle a retiré un voile très grand qu’elle portait sur sa tête très pure, ce voile était brillant et lumineux à l’image de l’éclair. Elle l’a étendu sur tout le peuple qui se tenait là. André et Epiphane, émerveillés, ont regardé longuement le voile étendu sur le peuple et la gloire du Seigneur qui brillait à l’image de l’éclair : le voile a été visible durant le séjour de la Mère de Dieu dans l’église. Il protégeait les fidèles. En partant, la Mère de Dieu a pris son voile avec elle et a laissé la grâce à ceux qui étaient présents.
Les saints hommes ont raconté aux habitants de Constantinople la vision qu’ils venaient d'avoir et ceci les a tous rempli de joie et d’espoir. Et, effectivement, peu de temps après cet événement, les Sarrasins ont été battus.
Nous fêtons avec joie cette fête de la Mère de Dieu, car nous avons la foi que la Mère de Dieu nous protège sans cesse, où que nous nous trouvions. Nous la fêtons un jour dans l’année, mais nous consacrons des églises et des monastères à cette fête parce que nous savons et nous sentons que la Mère de Dieu nous protège sans cesse, si nous le lui demandons. Elle nous protège et intercède, par ses prières, pour nous et pour le monde, devant Jésus son Fils et Seigneur.
Un océan de prières ne cesse de couler vers la Mère de Dieu, car aucun être humain n’a un cœur plus aimant et plus attentif que la Mère de Dieu. Elle est la Reine du Ciel.
Très Sainte Mère de Dieu sauve-nous.