publicat in AXIOS Association pe 20 Octobre 2014, 05:11
La base divine de l’existence humaine et le mystere de son libre arbitre,
un séminaire en français au cœur de l’orthodoxie roumaine avec Mère Silouana
Comment ne pas rendre grâce pour une telle initiative dans notre église orthodoxe ! Nous étions 14 participants dont 12 français, une roumaine et une italienne. La langue de communication était le français. Bogdan et Anca ont été nos interprètes. Nous avons vécu 4 jours de séminaire en Roumanie, au monastère de Sihastria Putnei, sous la protection de Saint Séraphim de Sarov et de la Vierge Source Vivifiante. Ce séminaire a été organisé en français pour les français grâce à la générosité de nos chers traducteurs Ioana Capitaneanu et Bogdan Grecu qui ont traduit pour nous tous les supports écrits nécessaires.
L’origine d’un tel projet est né, il y a quelques années, de la rencontre de Bogdan avec Mère Silouana et de son enseignement. Puis, les pèlerins d’AXIOS qui ont rencontré Mère Silouana lors du pèlerinage 2012, ont été à leur tour fortement touchés par son enseignement, qui dans sa forme inédite nous a semblé répondre à nos besoins de clercs et de fidèles orthodoxes vivant en ce début du XXIème siècle.
La nouveauté de l’enseignement de Mère Silouana est d’oser réconcilier le travail psychothérapeutique contemporain et la tradition spirituelle philocalique de l’Eglise.
C’est en ce sens que depuis des années, Mère Silouana Vlad et son équipe proposent dans leur centre de formation et de conseil « Les saints Archanges Michel et Gabriel » à Iasi des séminaires pour clercs et laïcs. Cependant ces séminaires en langue roumaine pour les roumains n’étaient pas accessibles aux français.
Donc, le séminaire « La base divine de l’existence humaine et le mystère de son libre arbitre » a eu lieu en français à Sihastria Putnei du 8 au 11 juillet 2014.
Mère Silouana nous a d’abord replongé dans la théo-anthropologie orthodoxe pour entrer encore plus profondément dans la compréhension du mystère des énergies créées et incréées. Tout son enseignement a été de nous inviter fermement à utiliser des outils thérapeutiques très concrets pour nous libérer de plus en plus des lois de l’esclavage, ceci afin de participer aux énergies divines incréées. Le séminaire a donc été une sollicitation permanente à nous mettre en marche par notre volonté pour recevoir la grâce des énergies incréées. Le travail proposé nous a également permis d’identifier ce qui fait obstacle à la réception de ces énergies (héritage ancestral de nos structures psychosomatiques, suggestions, croyances, injonctions, illusions), d’y reconnaître notre part pécheresse et d’apprendre à nous en repentir en l’offrant à Dieu.
Nous avons vécu quatre jours de travail très intensif. Ce fut une expérience divino-humaine qui laissera en chacun de nous des empreintes inoubliables. Tout d’abord, la base du travail a été de vivre entre nous une qualité d’écoute totale et active. Mère Silouana nous a invité à ne pas nous écouter à travers nos schémas psychologiques qui nous replient sur nous-mêmes et nous enferment mais à développer « le sens spirituel de l’altérité », c’est-à-dire à écouter en tant qu’hypostase. Cette écoute profonde et authentique sans jugement de l’autre nous a permis de vivre tout le séminaire dans une sainte joie. Nous avons beaucoup ri !! Mais d’un rire trois fois saint ! Chacun s’est engagé très intensément dans le travail thérapeutique. Il nous a fallu oser plonger dans nos abîmes. Mère Silouana a su nous « secouer », elle a su nous décoller de nos fausses identifications pour faire tomber de nos yeux nos écailles parfois bien épaisses et lever le voile de nos illusions qui nous empêchent de vivre une véritable rencontre avec le Christ. Chacun a plongé au cœur de son enfer et cependant rien de l’intimité de chacun n’a été révélé. Le travail s’étant fait sur le processus et non sur le contenu, chacun a pu ainsi expérimenter le mystère de son libre arbitre.
Puis, après le séminaire ont suivi trois jours de pèlerinage en Bucovine, joyau des églises fresquées à l’extérieur. Ce fut alors l’occasion d’observer et de méditer sur les fresques. Cette catéchèse illustrée du XVIème siècle venait à point nommé après notre séminaire. En regardant l’échelle des vertus ou celles du jugement dernier aux monastères de Sucevita et de Voronet, nous avons pu pénétrer encore plus dans le mystère de notre libre arbitre. Je garde personnellement en mémoire l’échelle des vertus où les moines montent l’échelle petit à petit en pensant se rapprocher du Christ, puis en haut à gauche tout près du Christ, on voit un moine qui a atteint l’avant-dernier barreau. Il est presque arrivé ! C’est alors qu’on le voit tomber, entraîné par un démon. Sur sa gauche un ange, qui tient en sa main une lance, vient toucher le moine dans sa chute. Nourris de notre séminaire, ne pouvions-nous pas entendre que l’ange est venu au secours du moine en transperçant son cœur de sa lance. N’est-il pas venu lui ouvrir le cœur ? A ce propos, Mère Silouana à l’Université d’été de la Métropole roumaine au centre Sainte-Croix en Dordogne vient compléter la compréhension de ce geste : ce moine qui avait laborieusement, ascétiquement grimpé tous les barreaux de l’échelle ne l’avait certainement fait qu’avec la force des énergies créées et non avec la grâce des énergies incréées. Quelle leçon ! Je vous laisse à votre tour méditer sur ce grand mystère des énergies créées et des énergies incréées et celui de notre divino-humanité. Que Dieu nous fasse miséricorde !
Christine
Un vieux rêve qui devient réalité au-delà de toutes mes espérances – par la surabondance de Sa Grâce ! La carte routière de Roumanie achetée il y a 20 ans restera dans son tiroir : je fais confiance à Bogdan qui en effet nous concocte un superbe itinéraire et veille à tous les détails de l’organisation, avec le sourire même quand nous trouvons tous une fois ou l’autre le moyen d’être en retard ! Nous sommes quatorze pèlerins de tous âges et horizons, entre lesquels le séminaire de Mère Silouana fait vite naître une intimité. Sous l’aile de sa bienveillance, nous tentons de mieux cerner et d’offrir à Dieu la racine de nos péchés pour qu’Il nous en guérisse. Je formule pour la première fois clairement plusieurs aspirations, jusqu’ici restées confuses : je désire alléger mon emploi du temps pour laisser au Saint-Esprit la place d’œuvrer dans ma vie, je désire l’aide du Seigneur pour oser être moi-même dans ma faiblesse et croire à Son Amour pour mon indignité, je désire aussi Son Aide pour purifier ma nature déchue qui retombe si souvent dans le besoin de se comparer. Je désire qu’Il m’accorde la force de me purifier et m’apprenne comment accueillir Ses Energies Incréées. Après ce très beau séminaire, comme une multitude de clins d’œil venus d’En-Haut, nous pouvons participer à l’office de l’Huile Sainte au monastère de Sihastria-Putnei, puis nous admirons tant de sublimes fresques dans des havres de Paix et de Beauté, et nous sommes accueillis au séminaire de Neamt avec une immense bonté. Nous rappelant les nombreuses histoires et « blagues théologiques » de Mère Silouana, les fresques parlent à notre cœur du Mystère, d’une manière si touchante et imagée qu’elles vont sûrement m’aider à me souvenir : sans Son Aide je ne franchirai pas les échelons de l’échelle ! Je garde de ces temps bénis une grande joie dans le cœur et une belle détermination à poursuivre mon chemin, merci à toutes et tous, et Gloire à Dieu pour tout !
Sandrine
I. De la contemplation à l’émerveillement.
Quatorze pèlerins roulent dans un autobus traversant la campagne de Bucovine. Tout au dépaysement de leur périple, le front ballotant contre la vitre, leur regard se perd dans la nature. Leurs oreilles sourdes au bruit ambiant, leurs pensées gambadent au gré des découvertes et surprises que leur offre le paysage local. Un cumulus chargé de pluie, une charrette désuète tractée par un cheval, une maisonnette à la toiture dentelée, un rayon de soleil oblique, un costume folklorique, une cigogne haut dans son nid, une paysanne et son panier de légumes gourmands, un champ éclatant de tournesol. Tout, autour, se prête à la rêverie et à la contemplation.
Puis, les monastères s’enchainent. Autant de surprises et d’émerveillement devant ces beautés aux fresques colorées, aux jardins couverts de fleurs chatoyantes, aux remparts majestueux dignes des seigneurs qui les ont bâtis il y a plus de cinq cents ans.
Les habitants et commerçants des villages sont souriants et accueillants et l’hospitalité de nos hôtes est à la hauteur des succulents festins dont ils nous régalent.
II. « Mère Silouana » ou, que faire de nos maladies et de nos tourments ?
Comment déceler dans nos comportements les voies d’une meilleure connaissance de soi ?
Comment mieux communiquer avec les autres ou comment mieux les connaître sans la connaissance de soi ?
Comment aimer son prochain, comment lui pardonner si nous ne nous pardonnons pas d’abord à nous-même ?
Comment vivre sans être aimé ? Comment vivre sans aimer ?
Comment vivre avec toutes ces questions sans vivre tourmenté ? La seule réponse est en Dieu. C’est ce que nous fait découvrir Mère Silouana, patiemment et non sans humour, dans une séance de mise à nue de nos cœurs et de nos âmes. Dès le premier regard, cette femme nous aime. Dès le premier mot, cette sœur nous chérit. Avec tact et habileté, elle nous fait plonger en nous-mêmes, dans les méandres obscurs de nos pensées et comportements. Elle nous fait plonger en nous-mêmes, sur la voie de notre propre Enfer, descente indispensable à la recherche et à la rencontre avec le Christ. Nous comprenons que nul n’est capable d’un tel cheminement sans l’aide du Christ à qui nous remettons nos peurs, nos tourments, nos maladies. Il attend que nous lui ouvrions notre cœur, patiemment et dans l’Amour afin de venir y œuvrer pour notre salut.
III. SUCEVITA, le monastère dans sa leçon de chose.
Découvrir l’électricité ou marcher sur la lune n’ont pas fait de l’homme un être plus érudit ou plus philosophe que nos ancêtres. La fresque représentant l’Echelle de Saint Jean Climaque, déroulée sur tout un mur extérieur du monastère en est un édifiant exemple. Datant du XVIème siècle, elle est, tout à la fois, « la bande dessinée » représentant l’homme imprégné de spiritualité en quête de la Grâce divine, en même temps que celle de l’homme moderne soumis aux tourments de la solitude et de la déprime. L’homme sans Dieu est sans Espérance.
L’homme de Foi gravit les barreaux de son épreuve comme l’homme de notre société monte les marches de l’échelle sociale ou professionnelle. Mais vers quoi montent-ils l’un et l’autre s’ils n’implorent pas l’aide de Dieu ? Assurément, vers plus d’envie, plus de jalousie, plus d’égoïsme, plus de besoins jamais assouvis. Alors vient l’Enfer, que l’un et l’autre craignent et fuient…
C’est pourtant par la découverte de son propre Enfer que l’homme nouveau peut naitre, telle la chrysalide libérant le papillon, tel le Christ ressuscité. C’est alors seulement, que les échelons pourront être franchis, le regard tourné vers le Dieu, dans l’obéissance, la persévérance et la confiance.
Plus qu’une « bande dessinée », c’est un film sonore et mouvementé qui se déroule devant nos yeux écarquillés. Un film d’actualité, une révélation pour bon nombre d’entre nous.
IV. Les compagnons de voyage.
Alors oui ! Quel bonheur de partager cela, tous ensemble. Les épreuves et les exercices pratiqués ensemble nous ont rapprochés. Sincérité, confiance et respect conduisent nos débats et les questions fusent sur nos interprétations respectives et nos convictions personnelles.
Mais une chose est sûre, nous rentrerons émerveillés et enthousiasmés par le pays, la Bucovine et ses habitants, nos hôtes, nos guides, nos interprètes, par les enseignements pratiques de Mère Silouana et la lecture de fresques bénies.
Puis le silence vient, la pensée se concentre…
Sois Loué O Christ notre Dieu de tes œuvres admirables,
Sois remercié Seigneur de ta main tendue et de la liberté que tu nous offres de nous approcher de toi dans la Paix et dans la Joie.
Gérard, un jeune converti