publicat in Théologie et science pe 15 Novembre 2013, 21:40
Des siècles sont passés depuis l’apparition du dilemme entre deux grands domaines de la connaissance humaine : LA THEOLOGIE et LA SCIENCE. Ce débat est fondamental, car il touche à l’ORRIGINE DU MONDE, de la VIE et de l’HOMME.
La THEOLOGIE révélée, c’est-à-dire la Théologie judéo chrétienne ayant comme base et structure la vérité révélée par Dieu et non les idées spéculatives de certains modes de pensée philosophique ou des croyances religieuses animistes ou polythéistes, nous enseigne, depuis à peu près 3500 ans, que Dieu Le Créateur est Celui qui a amené tout à l’existence – notre monde et celui des anges, l’univers, la vie et l’homme – ex nihilo. Autrement dit, et plus correctement au point de vue linguistique, Dieu crée tout, amène tout de la non existence à l’existence, de rien à tout, selon un plan, une organisation, un ordre divin.
La SCIENCE, par laquelle nous entendons la science de la vie en général, a des racines aussi anciennes que la théologie, remontant à Babylone, à l’Egypte et à la Grèce antique ; cependant la science a commencé à se développer d’une manière systématique en Europe et en Amérique, après le Moyen Age, plus précisément à l’époque dite des Lumières ou de la Raison (XVII-XVIIIème siècle). A cette époque on a mis en avant le principe de l’existence des lois naturelles et de l’ordre universel, ainsi que la confiance dans la raison humaine, dans le but de la création d’une société « rationnelle », grâce à la diffusion de la culture et des « lumières » dans le peuple, le tout basé sur l’expérience de chacun. Partant de ces principes, des philosophes et des scientifiques (Descartes, Spinoza, Bacon, Locke, Voltaire, Kant, Montesquieu, Franklin, Jefferson, Hume, Lomonosov, etc.) sont arrivés à l’idée générale que l’homme a la capacité cognitive de découvrir tous les principes et toutes les lois universelles qui gouvernent l’humanité et la nature. Le rationalisme extrême et le scepticisme de l’époque ont conduit naturellement au déisme. Inspirés par la description newtonienne de l’univers, vu comme un immense mécanisme construit et mis en mouvement par le Créateur, les déistes ont promu l’idée conformément à laquelle tout – le mouvement physique, l’homme, la nature, la politique, la société, l’économie, etc. – a son propre set de lois et de principes rationnels, établis par Dieu, qui peuvent être compris par les humains, exclusivement par l’intermédiaire de la raison. Ceci a amené à la conclusion que les réalités du monde physique, biologique et humain, peuvent être comprises en faisant abstraction de la divinité et de la religion dans l’équation de l’existence, indépendamment donc des explications théologiques. D’ici et jusqu’à l’apparition en 1859 du célèbre et controversé ouvrage « l’Origine des espèces », de Darwin, le plus connu des naturalistes anglais, il n’y a eu qu’un pas. Darwin avait l’intention de démontrer que toutes les espèces se sont développées au fil du temps, à partir d’un ancêtre commun, par le processus, qu’il nomme, sélection naturelle. Cette théorie, ou conception, appelée évolutionniste, car elle explique le développement du monde biologique et humain comme un procès évolutif, est la base de la théorie évolutionniste moderne.
La théorie évolutionniste actuelle conteste l’enseignement théologique de la Création et Dieu en tant que Créateur. L’univers, la vie et l’homme ne sont plus l’œuvre du Créateur, mais le résultat d’un processus auto évolutif qui se déroule d’une manière autonome, depuis des milliards d’années. Dans ce cas, il y a une différence radicale et antinomique entre la théologie et la science, les deux positions s’excluant réciproquement et étant partiellement ou totalement incompatibles.
Si la théorie de l’évolution était une simple théorie, véhiculée dans le cercle limité de quelques scientifiques britanniques capricieux, qui célébraient avec nostalgie le « grand Darwin », les choses seraient restées en état. Mais, il se trouve que l’évolutionnisme a pénétré dans tous les domaines des sciences de la nature, excluant ainsi Dieu du monde et de la vie. L’impact politique, social, éducationnel, religieux et écologique a été énorme, devenant ainsi, directement ou indirectement, la cause des grands problèmes du monde.
Aujourd’hui, l’évolution naturaliste du monde et de la vie est considérée « vérité fondamentale et universelle », enseignée depuis l’école primaire jusqu’aux plus hautes études, propagée par tous les moyens d’information.
La résolution 1580 du 4 Octobre 2007 du Parlement Européen intitulée « Les dangers du créationnisme scientifique dans l’éducation » indique :
« L’objectif de la présente résolution n’est pas de mettre en doute ou de combattre une croyance – le droit à la liberté de croyance ne le permet pas. Le but est de mettre en garde contre certaines tendances à vouloir faire passer une croyance comme science. Il faut séparer la croyance de la science. Il ne s’agit pas d’antagonisme. Science et croyance doivent pouvoir coexister. Il ne s’agit pas d’opposer la croyance à la science, mais il faut empêcher que la croyance ne s’oppose à la science.
Pour certains, la création, reposant sur une conviction religieuse, donne un sens à la vie. Toutefois l’Assemblée parlementaire s’inquiète de l’influence néfaste que pourrait avoir la diffusion de thèses créationnistes au sein de nos systèmes éducatifs et de ses conséquences sur nos démocraties. Le créationnisme, si l’on n’y prend garde, peut être une menace pour les droits de l’homme qui sont au cœur des préoccupations du Conseil de l’Europe…
Le créationnisme, né de la négation de l’évolution des espèces par la sélection naturelle, est longtemps demeuré un phénomène presque exclusivement américain. Aujourd’hui, les thèses créationnistes tendent à s’implanter en Europe et leur diffusion touche un nombre non négligeable d’Etats membres du Conseil de l’Europe.
La cible principale des créationnistes contemporains, le plus souvent d’obédience chrétienne ou musulmane, est l’enseignement. Les créationnistes se battent pour que leurs thèses figurent dans les programmes scolaires scientifiques. Or, le créationnisme ne peut prétendre être une discipline scientifique. En conséquence, l’Assemblée parlementaire encourage les Etats membres et en particulier leurs instances éducatives:
a. à défendre et à promouvoir le savoir scientifique;
b. renforcer l’enseignement des fondements de la science, de son histoire, de son épistémologie et de ses méthodes, aux côtés de l’enseignement des connaissances scientifiques objectives;
c. rendre la science plus compréhensible, plus attractive et plus proche des réalités du monde contemporain;
d. s’opposer fermement à l’enseignement du créationnisme en tant que discipline scientifique au même titre que la théorie de l’évolution, et, en général, à ce que des thèses créationnistes soient présentées dans le cadre de toute discipline autre que celle de la religion;
e. promouvoir l’enseignement de l’évolution en tant que théorie scientifique fondamentale dans les programmes généraux d’enseignement.
L’Assemblée se félicite de ce que 27 académies des sciences d’Etats membres du Conseil de l’Europe aient signé, en juin 2006, une déclaration portant sur l’enseignement de l’évolution et appelle les académies des sciences qui ne l’ont pas encore fait à signer cette déclaration ».
Les démarches théologiques de certains scientifiques honnêtes, sans aucun intérêt mesquin, qui ont essayé de démontrer qu’il n’y a pas d’évolution naturaliste du monde et de la vie, semblent une utopie, qui n’a rien plus rien à dire ou à remédier face à une vérité, tenue pour « fondamentale et universelle ».
Un autre motif d’ailleurs est celui du manque d’actualité du sujet ayant trait à l’origine de la vie et de l’homme, sujet considéré comme résolu et fermé. Tout au plus, il est abordé dans une lumière sans intérêt, subordonné aux théories évolutionnistes et créationnistes, généralement acceptées ou, plus récemment, dans un dialogue stérile qui ne dépasse pas les limites de l’autonomie des disciplines qui les représentent. L’homme contemporain, focalisé par la résolution des problèmes écrasants quotidiens, n’a plus la conscience de l’importance de ce thème. Probablement on considère que les traités, les études, les dialogues, les conférences, les réunions, les symposiums, les discours scientifiques et théologiques de bonne foi ne réussissent à atteindre qu’un petit pourcentage de la population mondiale, et ceci parce que, « la raison humaine illuminée, scientifique et expérimentale », a transformé un des thèmes fondamentaux de l’existence dans en une note de bas de page, presque non abordé ouvertement, ou alors encadré dans un dialogue aride, abstrait et critique, sans conclusion claire, d’où l’homme normal ne peut plus rien comprendre.
D’un certain point de vue, la Théologie se voit impuissante face au « Colosse Scientifique », qui a conquis le monde, puisqu’il y a quelques années, au 200ème anniversaire de la naissance de Darwin, des représentants éminents de l’Eglise Anglicane ont publié un article dans lequel il était dit, que le moment était venu de demander pardon à Darwin pour « la non compréhension » avec laquelle sa théorie a été accueillie. Quant au Ministre de la Culture du Vatican, l’archevêque Gianfranco Ravasi, il déclarait, lors d’une conférence organisée par l’Université Pontificale Grégorienne, en mars 2009, à l’occasion de l’anniversaire des 150 ans de la publication de l’Origine des espèces, la même chose qu’en 2008, à savoir qu’il n’y a aucune antinomie entre Evolution et Création, que l’on ne peut pas parler d’une incompatibilité entre les deux ; certes, des positions plus nuancées ont été également exprimées, mais la presse italienne et internationale, tout comme de nombreux fidèles catholiques, ont interprété ces affirmations, comme une concession faite par l’église catholique à l’évolutionnisme.
Du point de vue de la Théologie Orthodoxe il ne peut être question d’antinomie et d’incompatibilité entre la Théologie révélée, la Foi et la Science correcte, démontrée expérimentalement. D’ailleurs, la réalité terrestre est nommée, d’une manière suggestive, dans l’Evangile, « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » (Genèse 2, 9), ce qui suppose inévitablement, raison, analyse, étude, processus cognitif. L’adage « Crois et ne cherche pas », n’apparait jamais dans la Bible ou dans les écrits théologiques : il s’agit, en fait, d’un slogan communiste, par lequel on a discrédité la Théologie, l’Eglise et la Foi.
La Foi n’est pas irrationnelle, mais l’homme participe par sa force rationnelle de connaissance, aux vérités supra-rationnelles que Dieu lui révèle, lui découvre, pour qu’en dernière instance, ces vérités puissent être expliquées logiquement, d’une manière cohérente et parfois, même de manière expérimentale et empirique. Donc, la Théologie et la Science Orthodoxe, ayant à la base la Foi et la Raison illuminées par Dieu et non obscurcies par l’idolâtrie, par des superstitions, des hérésies, des orgueils et autres frustrations, ne sont nullement incompatibles et ne doivent même pas être séparées. Elles sont complémentaires, elles se complètent et s’expliquent mutuellement. D’ailleurs, le Seigneur Jésus Christ avait affirmé : « Ces écritures que vous scrutez …» (Jean, 5, 39) ce qui voulait dire, stricto sensu, l’Ancien Testament, où l’on trouvait les prophéties L’annonçant, mais dans un sens plus large, il s’agit d’une invitation à l’étude de ce qui est écrit, dans la lumière de l’inspiration divine et de la raison humaine.
Dans les articles qui vont suivre, nous verrons comment l’origine du monde, de l’univers, de la vie et de l’homme ont été abordées par de théologiens chrétiens de renom, mais aussi et surtout par de nombreux scientifiques, chercheurs honnêtes et impartiaux, méconnus malheureusement du grand public. Ils ont démontré que, dans des domaines aussi variés que la géologie, la biologie, l’astrophysique, la chimie, la génétique, la paléontologie, l’origine du monde ne peut pas être expliquée par l’auto évolution ou l’évolution purement naturaliste (univers – matière non vivante - vie – homme).
Le thème abordé dans les articles suivants, sans aucune prétention d’exhaustivité, sera intitulé de manière suggestive, « L’origine du monde, entre Création et Evolution ». Ce titre est justifié par la position orthodoxe qui n’est pas exclusiviste. Elle ne voit pas la réalité étant ou bien Création ou bien Evolution – en effet, la théologie ne dispose pas des mécanismes de recherche scientifique et la science n’a pas la capacité de nier l’enseignement théologique, puisque la théologie transcende toute connaissance empirique. Il est donc nécessaire de privilégier et de favoriser un dialogue interdisciplinaire.
Le thème choisi n’a pas la prétention de devenir une apologétique moderne, abordée de surcroit dans une revue de théologie. L’auteur demande aux lecteurs de lire les textes qui suivront avec foi, mais aussi avec esprit analytique, car il s’agit d’une thèse de doctorat, qui fera l’objet d’une analyse, à la fois théologique et scientifique.
Sans doute, les lecteurs auront la liberté d’accepter ou pas les conclusions de cette étude et de décider si le Monde est Création ou, au contraire, Evolution, ou encore, peu ou prou, l’une et l’autre, réalisant ainsi la parole du Sauveur Christ « Vous connaitrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jean 8, 32)