Ajouté le: 9 Mai 2012 L'heure: 15:14

Le potentiel touristique des monuments religieux de la province de Vrancea

Le Bassin hydrographique de Şuşiţa, situé dans la partie Nord de la province de Vrancea, entre les bassins de Trotuş et de Putna, a un remarquable potentiel touristique.

Ce potentiel touristique vient du cadre naturel varié, produit par l’emplacement du bassin à la jonction de nombreuses unités de relief: les monts de Vrancea, la zône subcarpatique de Vrancea, le glacier de piémont de Şuşiţa, ainsi que ceux du secteur nordique de la plaine roumaine.

 

Le potentiel touristique des monuments religieux de la province de Vrancea

L’artère hydrographique de Şuşiţa, qui traverse la région de l’Ouest à l’Est, jusqu’à se déverser dans le Siret, s’est constituée sur un axe de concentration de la population, un des plus anciens de la Province.

Les constructions « apparaissent et se développent, non pas n’importe où, mais de préférence dans des endroits particuliers de la terre ». Ces « préférences » pour l’habitat se rapportent à certains traits du cadre naturel, ainsi qu’à des événements historiques qui se sont succédés dans l’espace en question. Les éléments du cadre naturel qui furent à la base de la construction des édifices sont les suivants: existence de l’eau, voies de communication, lieux de refuge offerts par les éléments du cadre naturel, etc. Dans la vallée de Şuşiţa, il existe un nombre de 17 constructions rurales afférentes aux cinq communes, et un nombre de 6 constructions comportant des caractéristiques rurales et qui constituent les localités dont sont composées les villes de Panciu et de Mărăşeşti.

Les composantes géographiques d’un territoire peuvent exercer diverses influences dans l’histoire du peuple qui l’habitent. Ces influences diffèrent d’une étape à l’autre de l’histoire, elles aident ou contrecarrent la marche des événements historiques et sociaux, et peuvent revêtir des aspects déterminants.

Pour se prémunir des tendances à exagérer le rôle du milieu géographique, et même pour les minimiser jusqu’à les exclure, la meilleure méthode consiste à étudier les événements historiques sous l’aspect causal dans toute sa complexité et, à partir de cette complexité de causes, découvrir également le rôle indirect joué par le milieu géographique. L’évolution socio historique, et ses causes, peuvent ainsi être expliquées par la collaboration de toutes les sciences concernant l’homme et le territoire: histoire, archéologie, sociologie, économie, géographie, etc.

L’espace du Bassin de Şuşiţa a offert de bonne heure à la population qui l’habite :

- l’existence de ressources (eau, sols fertiles, pâturages, roche de construction, etc.);
- le fait de pouvoir pratiquer plusieurs activités, souvent unitaires et complémentaires, permettant de s’attacher à la région concernée (élevage, exploitation forestière ou culture de la vigne et d’autres plantes, exploitation de certaines ressources, commerce, etc.);
- la liberté permanente de circulation.

L’historien N. Iorga (1936) se réfère à ce dernier aspect et affirme que « ... nous les Roumains, nous sommes un peuple de circulation ininterrompue, d’où vient également notre unité nationale... »

La plus grande partie de l’espace rural du Bassin de Şuşiţa appartient au secteur subcarpatique « ... qui semble avoir été prévu dès le début spécialement pour les premières constructions humaines sur son sol. Ainsi, même si les circonstances historiques adverses détruisent ou éloignent l’homme, celui-ci revient... dès que les circonstances en question ont disparu. Les agglomérations humaines dans de semblables régions renaissent toujours de leur propres cendres, comme l’oiseau de la légende... » (I. Conea, 1931).

Les vallées et les dépressions ont permis l’installation des hommes, leur apportant le refuge et la possibilité de circuler. Les pâturages montagnards et les refuges subcarpatiques de prairie ont fourni d’importantes ressources économiques, ce qui a conduit à l’élevage, notamment des moutons, et à l’établissement de liens sociaux par le biais de la transhumance.

Dans le journal Milcovul, n° 2005, le professeur V. Bobi disait: « Depuis Tişiţa jusqu’au-delà des villes de Panciu-Străoane, Muncelu, Răcoasa, Mărăşti, Câmpuri, Soveja – à chaque pas nous rencontrons les traces matérielles d’une époque d’intense habitation, et même sur les hauteurs difficilement accessibles, il reste des vestiges de constructions et de cimetières de l’époque du bronze, la culture Monteoru (Ier siècle avant notre ère et Ier siècle après elle). Ici se sont conservés de nombreux outils et armes, de la céramique et des bijoux, des haches de pierre et de silex, des couteaux recourbés, des racloirs en silex, des pointes de flèches en bronze, des vases de céramique rehaussés de torches, etc. »

De tous ces articles il ressort que sur le plateau de Şuşiţa, dans la partie Sud-Est de la commune de Soveja, a été découvert une cité qui appartient au néolithique tardif (Cucuteni).

A cela s’ajoute l’influence  de peuples migrateurs qui ont marqué la vie des habitants de cet espace, qu’ils aient été roumains, carpates, turcs ou slaves. Malgré tout, les hommes de la vallée de Şuşiţa sont restés profondément ancrés dans les valeurs traditionnelles.

Le potentiel touristique anthropologique s’est formé au fil du temps, comme une conséquence de la nécessité humaine de développer ses aspirations culturelles et artistiques sur le fond d’une évolution créatrice.

Quoiqu’ils aient été construits dans d’autres buts, les centres d’intérêt anthropologique ont atteint un certain potentiel touristique à la suite de la découverte et de la croissance de leur valeur historique et culturelle.

L’espace étudié abonde en de tels centres d’intérêt, à valeur culturelle et historique. Pour la majorité d’entre eux, ils sont liés à la première guerre mondiale, si l’on connaît le rôle que ces lieux, et surtout leurs habitants, ont joué dans la victoire des batailles de Soveja, Mărăşti et Mărăşeşti.

A ces monuments historiques, mausolées, maisons votives, s’ajoute le potentiel touristique conféré par les lieux de culte, d’une grande valeur historique, esthétique et spirituelle, qui ont existé le long de la vallée de Şuşiţa.

Les églises et les monastères du Bassin hydrographique de Şuşiţa sont de véritables monuments d’architecture et font partie du patrimoine culturel. Les villages sont étroitement proches des églises, et celles-ci constituent depuis les temps les plus reculés l’élément central du village.

La technique de construction ressemble à celle des maisons, avec des fondements de pierre, des poutres de chêne de taille impressionnante, des toits à quatre pans, pas très élevés, recouverts de lattes, et pour la construction desquels on n’a utilisé que des tuiles de bois, comme c’est le cas de l’église Saint-Nicolas de Străoane.

En ce qui concerne ces bijoux de l’architecture populaire en bois, Tancred Bănăţeanu affirme « ... simples, mais élégants, bien proportionnés, d’une ornementation discrète, pleine de goût, les monuments artistiques de la région de Vrancea construits en bois s’inscrivent en valeurs esthétiques certaines dans le trésor de la culture populaire roumaine. »

Parmi les églises douées d’un potentiel touristique dans la région Văii Şuşiţa, mentionnons:

• L’église de la Nativité-de-la-Mère-de-Dieu, de l’ancien monastère de Soveja, située dans le village de Dragosloveni, construite dans les années 1640-1645 par le prince Matei Basarab, et consacrée à la paix conclue avec Vasile Lupu, suite à de nombreuses guerres. Ici fut exilé Alecu Russo (févr.-avr. 1846) pour des allusions audacieuses contenues dans sa pièce Jignicerul Vadră (le Blessant Vadra) ou Provincialul la Teatrul Naţional (le Provincial au Théâtre National); à l’époque de ce blessant Alecu Russo on compose dans cette contrée la balade Mioriţa (fig. n°1 et fig. n°3).

De la construction de l’ancien monastère on se rappelle encore aujourd’hui seulement deux constructions qui bordent le cimetière (fig. n°2).

Dans la cour de ce monument religieux on trouve également la tombe du père de la géographie moderne, Simion Mehedinţi, qui est né et a passé son enfance dans ces parages. Ce même personnage, que le christianisme roumain a recommandé comme une haute conscience chrétienne orthodoxe de sa génération, écrivait des Roumains : « Un peuple si précieux qu’il a compris l’Evangile et a su marcher à la suite du Christ » (fig. n°4).

Le skite des Saints-Empereurs-Constantin-et-Hélène, dont la construction a commencé en 2001 et a été achevée en 2003 (fig. n°5). La construction du skite de Soveja est liée à une malédiction vieille de centaines d’années. Suivant la légende, le skite Babel fut incendié par les habitants, et les moniales de l’endroit maudirent les lieux. « La légende dit que les moniales du skite Babel condamnèrent Soveja à brûler jusqu’à ce que ce que le skite soit reconstruit. Vrai ou non, en 1943, suite à un incendie provoqué par l’armée allemande d’occupation, 75% environ de la commune brûlèrent. A cette époque périrent 15 âmes. En 1998 eurent lieu deux autres grands incendies. La première fois, 18 maisons brûlèrent, et la deuxième fois 27 habitations », affirme le maire Costel Pleşa. Après la consécration du skite, la malédiction prononcée par les moniales semble avoir été écartée, d’après les habitants, puisqu’il n’y a plus eu un seul cas d’incendie. Sur le territoire de ce skite, il existe également la possibilité de construire des espaces qui assurent le logement de 100 personnes, et on peut y ajouter 2 salles pour les repas.

• L’église Saint-Nicolas (avant 1780) de l’ancien skite Varniţa, au village du même nom;

• L’église « Sfinţii Voievozi » - les Saints-Princes – (avant 1809), au village Gogoiul;

• L’église « Sfinţii Voievozi » (1807, restaurée en 1898 et en 1924), construite en bois, située au village Răcoasa;

• L’église Saint-Nicolas (avant 1809), construite en bois, située au village Verdea;

• L’église des Saints-archanges-Michel-et-Gabriel”, construite avant 1732, en brique, située au village Străoane;

• L’église Saint-Nicolas, en bois, reconstruite au 18ème siècle, sur un socle de brique élevé, sur l’emplacement d’une ancienne église construite dans les années 1477-1478 par les frères Stroe, Ifu et Latu (commandants des troupes de l’armée de saint Etienne le Grand).

L’église en bois, ornée de riches décorations sculptées et d’une toiture se terminant par des entrelacs très larges, est un monument d’architecture religieuse remarquable et original (fig. n°7). L’originalité de cet édifice consiste dans le fait que pour sa réalisation on n’a utilisé aucun clou de fer; il est un des rares dans le pays de ce point de vue, le deuxième dans la province, après l’église de Corbiţa.

• L’église de la Dormition-de-la-Mère-de-Dieu (avant 1809), construite en brique, située au village de Repedea;

• L’église de la Nativité-de-la-Mère-de-Dieu (18ème siècle), construite en bois, située au village de Văleni.

• Le monastère de Brazi à Panciu, communauté de moniales située à l’orée de la Colline de Neicu; c’est le plus important édifice religieux de la région étudiée, le plus fréquenté par les fidèles. Quoique la légende place ce sanctuaire à l’époque du prince Etienne le Grand, dans les documents il n’est mentionné qu’à partir du 17ème siècle (fig. n°8 et fig. n°9).

A ce monastère a été liée la vie du métropolite Théodose II de Moldavie, qui, né dans cette contrée, entra comme frère dans cette communauté de moines à la même époque. Tonsuré au monastère Bogdana, Théodose retournera au monastère de sa jeunesse après son retour d’exil. Il fut tué par les Tatars en 1692, au cours d’un pillage, alors qu’il refusait de donner les objets sacrés en argent. Son corps fut enseveli par les moines dans le skite de Brazi. Les reliques du saint hiérarque martyr Théodose de Brazi seront redécouvertes en 2000 dans la chapelle souterraine et installées dans la nouvelle chapelle. Egalement dans la cour du Monastère fut enseveli l’écrivain Ioan Slavici, mais les communistes transfèreront ses ossements dans le cimetière de la ville de Panciu.

Les lieux de cultes présentés ici sont une partie des merveilles architecturales et spirituelles de la Vallée de Şuşiţa proposées aux fidèles habitant cette contrée, à ceux qui sont partis à l’étranger et qui souhaitent trouver ici un apaisement au « mal du pays », et également aux touristes venant découvrir ces lieux chargés d’histoire.

Bibliographie :

1. Albu Florica, Albu Iulian, 2002, Monografia comunei Soveja, Editura Universal Dalsi;
2. Bran Florina, Tamara Simion, 1998, Dezvoltarea durabilă a turismului în România, Geographica Timisiensis, vol. 7, Universitatea de Vest din Timişoara Université Ouest de Timisoara;
3. Cândea Melinda, Erdeli George, Simion Tamara, 2000, Potenţialul turistic şi valorificarea lui în România, Editura Universităţii din Bucureşti Edition de l’Université de Bucarest;
4. Deşliu Alexandru, 2000, Vrancea-Ghid turistic, Editura Terra, Focşani;
5. Iorga N., 1916, Sate şi mănăstiri, Ediţia a II-a
6. Munteanu Laviniu, Stoicescu Constantin, Grigore Ludovic, 1986, Ghidul staţiunilor balneoclima-terice din România, Editura Sport-Turism, Bucureşti;
7. Răuţescu I., 1937, Dragoslavele, Cîmpulung Muscel;
8. Stahl Paul, Arta populară din zonele Argeş şi Muscel, Ed. Academie;
9. Tatulescu George (1932), Cărţi privitoare la Putna, Milcovia, Anul III; vol. 1-2, Tipografia Cartea Putnei, Focşani.

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