L’amour des ennemis,critère du Chrétien

publicat in Varia pe 6 Mars 2012, 02:33

Saint Jean Chrysostome donne un exemple de l’amour des ennemis au sujet de Saint Mélétios, patriarche d’Antioche (fêté le 12 février).

Ce grand hiérarque fut par trois fois injustement exilé en Arménie par les hérétiques disciples d’Arius qui ne reconnaissaient pas le Fils de Dieu et blasphémaient contre la Sainte Trinité. Il était très aimé de ses ouailles. Or, quand le gouverneur vint le chercher, il le fit asseoir, dans son char, à côté de lui. A ce moment‑là, les gens, dans leur courroux de devoir se séparer de leur archevêque, et prêts à mourir plutôt que de le laisser partir, accoururent de tous les côtés pour lancer des pavés à  la tête du gouverneur. Mais le Saint hiérarque protégea la tête du gouverneur de son manteau. Sa grande bonté et son humilité « firent  honte à son ennemi et donna une leçon à ses fidèles, en témoignant de la charité que nous devons avoir envers ceux qui nous insultent. Il ne suffit pas de ne pas leur faire de mal mais il faut aussi les protéger des dangers qui les menacent. » ( Saint Nikolaï Velimirovic)

Cet événement se situe au 4ème siècle.

Cependant, comme aimait à me le répéter un vieil ami roumain : « L’Evangile s’écrit tous les jours ! »

Voici un événement similaire, situé au 21ème siècle.

Il est d’autant plus impressionnant à notre époque de violences, qui, non seulement a oublié le Christ mais aussi Le rejette.

C’était le dimanche 9 octobre dernier au Caire, place Maspéro. Un moine copte – dont je tairai le nom (de passage dans ma ville) en a témoigné directement auprès de l’un de mes amis. Il en porte encore les marques physiques.

Ce jour‑là, il y avait procession pacifique de centaines de Coptes qui portaient cierges et icônes. Tout à coup, des provocateurs se sont infiltrés dans les rangs et ont commencé à lancer des coups de feu en l’air. L’armée intervient alors avec trois chars blindés qui écrasent les manifestants et les soldats tirent sur la foule. C’est le carnage. La résistance et la  riposte de la part de jeunes coptes.ne se fait plus attendre…Certains d’entre eux arrivent à monter sur un char et veulent en lyncher le pilote qui vient d’écraser volontairement 7 Chrétiens. C’est à ce moment‑là que 3 prêtres dont notre moine copte, leur disent que  si l’on est chrétien, on ne tue pas, et se jettent sur ce pilote militaire pour faire un rempart de leur corps en lui disant : « Tu es protégé par le Christ ». Ils reçoivent la pluie de coups des agresseurs, leurs frères, et sont prêts à mourir pour protéger la vie du militaire assassin. Après la mêlée, ce dernier, qui était musulman, se jette à genoux devant ses sauveteurs. Il leur dit : « Je me fais chrétien ! » Cet acte de la part de ‘l’ennemi’ l’a bouleversé  au point de le convertir.

Gloire à Dieu qui vit et agit en Ses Saints.

Que Notre Seigneur et Dieu, nous donne d’être prêts à mourir pour le prochain, celui qui n’est même pas notre ‘ennemi’. C’est un commencement. Il y a mille et une petites morts quotidiennes qui s’offrent à nous à l’égard de notre entourage. Sachons les voir. Elles n’ont pas  moins de sens et de valeur devant notre Juge, peut‑être aussi parce qu’elles sont cachées. Alors, l’étape qui accomplit véritablement le disciple du Christ, le baptême de l’Amour des ennemis qui va jusqu’à la mort, nous sera ouverte.

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Le Christ ne parle pas de Ses ennemis. Tous les hommes, de sa part, sont Ses amis.

Que ces témoignages à 17 siècles de distance nous inspirent l’esprit de réconciliation pour entrer dans ‘la radieuse tristesse’ du Grand Carême.

A  tous, un bon voyage vers Pâques !

Anne Monney